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Paris Tuning Show : Un Salon qui s’institutionnalise


Salon

18/3/2005   article en libre consultation

La septième édition du Paris Tuning Show a été vécue par nombre de professionnels comme celle de la maturité. Ce n'est pas un hasard si la majorité des exposants a consenti un investissement notablement supérieur à celui fait lors des précédentes éditions. Le Salon semble avoir définitivement pris sa stature internationale.

Le cap très symbolique des 150 000 visiteurs n'aura finalement pas été franchi lors de la septième édition du Paris Tuning Show. Cet objectif des organisateurs aura été raté de très peu. En effet, ce sont quelque 148 579 amateurs de tuning qui ont fait le déplacement au Parc des Expositions du Bourget pour cette grand-messe annuelle du chrome et du décibel. Il s'agit d'une progression de 13 % par rapport à la précédente édition, ce qui est loin d'être négligeable. Avec ce niveau d'affluence, le Paris Tuning Show est devenu, à l'exception bien sûr du Mondial de l'Automobile, le premier Salon à vocation automobile de France. Selon Ivan Lacroix, commissaire général du Salon, une météo pour le moins défavorable ainsi que des conditions de circulation très problématiques ont sans doute fait perdre une bonne dizaine de milliers d'entrées au Paris Tuning Show. Tous les autres indicateurs chiffrés affichent une nette progression, comme le nombre d'exposants qui atteint les 170 ou encore de journalistes étrangers qui est passé de 120 lors de la précédente édition à 220 en 2005. "Cette édition s'est clairement internationalisée. Au-delà des seuls chiffres, nous avons entendu beaucoup plus parler anglais dans les allées que les années passées", assure Ivan Lacroix. Même si ce dernier élément relève davantage d'un sentiment relativement subjectif que d'une donnée concrète, il s'avère toutefois significatif.

Des investissements en sensible progression

"Cette année 2005 marque le début de l'institutionnalisation du Paris Tuning Show. Lors des précédentes éditions, en particulier sur les premières années, les différents exposants préféraient ne pas prendre de gros risques, se souvient Ivan Lacroix. Auparavant, ils venaient davantage pour voir et observer. Maintenant, ils font le déplacement véritablement pour travailler." Le commissaire général du Salon souligne que les investissements consacrés aux stands ont notablement progressé pour la plupart des exposants. A titre d'exemple, il assure qu'une société comme Cesam/Yokohama, qui est un acteur de poids dans le monde du tuning, n'a jamais autant investi sur le Paris Tuning Show. Aux dires de la grande majorité des professionnels de ce secteur de la personnalisation du véhicule, le Paris Tuning Show a conquis le statut de Salon majeur, sur le plan mondial, du tuning. Il est désormais, et ce spontanément, comparé aux Salons de Las Vegas et d'Essen. Ivan Lacroix va même plus loin : "Pour la seule activité tuning, nous considérons que nous sommes les premiers en Europe. Certes, le niveau de fréquentation d'Essen est plus important, mais ce Salon comprend des secteurs autres que le tuning, comme notamment la compétition", tient-il à préciser. De l'avis de beaucoup, le succès populaire de ce Salon aura rassuré les professionnels sur l'intérêt du public à l'égard du tuning. Les retombées économiques d'une telle manifestation devraient se fait sentir sur les deux à trois mois à venir.

De l'exotique au DUB

La septième édition de ce Paris Tuning Show a été l'occasion de distinguer les différentes tendances qui partagent cette année le monde du tuning en France. Le tuning que les bons connaisseurs ont qualifié d'exotique reste très certainement le plus flamboyant et le plus exubérant. Ce style possède une double origine géographique, à la fois orientale, et plus précisément asiatique, et américaine. Cette tendance, il est vrai assez ostentatoire, privilégie les jantes chromées, les peintures métallisées spéciales ainsi que les gros subwoofers, pour ce qui est du domaine de l'audio. Ceux qui ont le plus de moyens s'offriront des portes avant à ouverture en élytre, à l'instar des Lamborghini. "Les jeunes rêvent devant les Toyota Supra et les Nissan 350Z du championnat japonais JGTC, et souhaitent utiliser au maximum le style agressif de ces engins de course sur leur projet personnel. Ce sera à coup sûr une des tendances montantes pour les années à venir", explique l'organisation du Paris Tuning Show. La tendance dite DUB doit sa reconnaissance et surtout sa médiatisation aux stars nord-américaines, qu'elles soient du monde sportif, en particulier les basketteurs, ou du show business, notamment les chanteurs de rap. Le DUB revient à greffer sur de gros SUV des accessoires les plus ostentatoires possibles, telles par exemple des jantes démesurées dorées à l'or fin. Il s'agit certes d'un tuning très exclusif qui nécessite beaucoup de moyens, mais l'amateur de ce type de personnalisation au portefeuille moins garni peut toutefois s'en inspirer. Il est également tout à fait légitime de parler d'un tuning à l'européenne avec en chef de file les maîtres germaniques et leur technicité mâtinée de sobriété. Dans un autre genre, certains médias spécialisés n'hésitent pas à évoquer le "french style" qui s'inspire grandement du style racing.

Cyril André

 

ZOOM

Qu'est-ce que le tuning ?

Rappelons avant tout la définition du tuning que donnent les organisateurs du Paris Tuning Show : "Le tuning correspond à la personnalisation esthétique et (ou) mécanique à but non utilitaire d'un véhicule. Ne sont donc pas considérées comme du tuning les appositions de barres de toit ou celles d'une boule de remorquage." En d'autres termes, la personnalisation du véhicule, dans le cadre de ce phénomène de tuning, ne répond à aucune considération impérative pour la bonne marche de celui-ci. Il est tout de même important de noter qu'en dépit de cet effort, certes louable, de définition et donc de délimitation du tuning, ses frontières demeurent encore aujourd'hui peu étanches, voire véritablement floues. Ainsi, une personne qui s'offre un système de navigation, qu'il soit nomade ou embarqué, et elles sont de plus en plus nombreuses, peut-elle être apparentée à un consommateur faisant du tuning ? Pour reprendre les termes de la définition, cet ajout tient-il d'une personnalisation à but non utilitaire du véhicule ? Sur cet exemple précis et selon les spécialistes, les réponses divergent. Un fait ne peut toutefois être contredit : le tuning n'est toujours pas une activité clairement délimitée. Il n'existe par exemple pas de liste d'accessoires qui font partie du champ du tuning ou qui s'en trouvent exclus. La question incidente est de savoir qui aurait compétence à établir ce type de liste. La nouvelle Fédération interprofessionnelle des accessoires automobiles (FI2A) l'a très certainement. Citons, pour mémoire, le chiffre d'affaires global du secteur qui est estimé, et il s'agit uniquement d'une estimation, à quelque 150 millions d'euros par an.

 

ZOOM

Qui sont les tuners ?

Les organisateurs du Salon du Parc des Expositions du Bourget, qui sont des fins connaisseurs du phénomène du tuning en France, distinguent dans leur dossier de présentation deux grandes catégories d'amateurs du tuning. Ces deux grandes masses ne sont pas exclusives d'autres qui regrouperaient quantitativement moins d'individus et, par ailleurs, plus difficilement classables. Reprenons les deux groupes communément reconnus. Il s'agit, d'une part, des amateurs d'un tuning défini comme "jeune et fun". "La personnalisation est une passion dévorante à laquelle ce tuner consacre la quasi-totalité de ses revenus. Généralement, il se charge lui-même des modifications esthétiques. Les clubs sont pour lui l'occasion d'échanger des informations ou de parfaire sa technique", précisent les organisateurs. S'il est possible d'établir une sorte de portrait-robot de ce type d'amateur, il serait un homme jeune, de moins de 25 ans, avec un salaire modeste. Ajoutons que nombre d'entre eux sacrifient à leur passion toute idée d'indépendance matérielle. Ainsi, beaucoup avouent préférer rester chez leurs parents afin de pouvoir dépenser la part maximale de leurs revenus dans l'accessoirisation de leur véhicule. Il faut, d'autre part, compter avec le tuning dit de "prestige". Son adepte le plus représentatif est un homme "ancré" socialement, âgé de 30 à 35 ans, qui vit en couple et qui évolue en CSP+. "La personnalisation de son véhicule est particulièrement axée sur les innovations technologiques (multimédia embarqué, GPS, puces électroniques). Il fait appel à des prestataires professionnels et cible les grandes marques", détaillent les organisateurs du Paris Tuning Show. Sur le plan géographique, la région au sein de laquelle le tuning connaît le plus vif succès est l'Ile-de-France, suivie par la Côte d'Azur, l'Alsace, le Rhône-Alpes et le Nord.




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