Certains équipementiers ont plus de chance que d'autres dans leur malheur. Quand l'un, trop petit et pas suffisamment incontournable, met la clé sous la porte, l'autre, stratégique, bénéficie du lobbying de grands groupes automobiles auprès des investisseurs potentiels…
Ainsi, on a appris que les constructeurs automobiles appellent les généreux mécènes à la rescousse de l'équipementier Plastal, en dépôt de bilan depuis mars dernier. Philanthropes ? Pas seulement. Le fournisseur suédois se révèle capital dans les approvisionnements de nombreuses usines d'assemblage automobile, qui, rappelons-le, commencent à retrouver une cadence de fonctionnement à peu près normale. Il serait donc dommageable, voire dramatique, dans ce contexte de reprise, de stopper une ligne d'assemblage à cause de ruptures d'approvisionnement…
Alors, les clients de Plastal, au rang desquels BMW, Volkswagen et Daimler, Ford et General Motors, préoccupés par le sort de leur fournisseur et par les cadences de leurs usines, ont demandé à plusieurs investisseurs potentiels, comprenez des concurrents notamment, de prendre connaissance du dossier et d'envisager l'acquisition d'actifs du spécialiste des modules extérieurs en plastique.
Le principal concurrent européen de Plastal, le Français Faurecia, a bien entendu été contacté et serait intéressé par la chose d'après certaines indiscrétions. Sans pouvoir réellement confirmer l'information, l'opération ne serait pas dénuée de sens. En effet, deux semaines après le rachat d'Emcon, équipementier américain spécialisé dans le traitement des émissions, l'autre spécialité de Faurecia, on peut imaginer que Plastal présente des opportunités intéressantes pour l'équipementier français chez de nouveaux clients.
On chuchote d'ailleurs que les discussions seraient même en bonne voie des deux côtés de la frontière. L'équipementier français pourrait alors reprendre cinq des six usines allemandes de son concurrent en dépôt de bilan, ainsi que des activités solvables à l'étranger. On parle de sites en France (Hambach et Vineuil, appartenant à la filiale de Plastal, Menzolit), et en Espagne.
Plus officiellement, "le groupe Faurecia étudie calmement mais activement toutes les opportunités qui se présentent, maintenant ou dans l'avenir, et ne souhaite faire aucun commentaire spécifique sur ces opportunités". Mais dans le même temps, on apprend que Faurecia vient de lancer une émission d'obligations à option de conversion et/ou d'échange en actions nouvelles ou existantes (Océane), à échéance au 1er janvier 2015, pour un montant initial d'environ 175 millions d'euros, susceptible d'être porté à un maximum d'environ 231 millions d'euros. Un appel de trésorerie qui, s'il est annoncé pour permettre à la société de renforcer sa structure et sa flexibilité financière, fait indéniablement penser à un besoin de fonds destinés à financer le rachat d'Emcon, et pourquoi pas celui d'une partie de Plastal.
Photo : Faurecia dispose d'activités similaires à celle de Plastal. Un rapprochement serait donc envisageable.
Frédéric Richard
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