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HEULIEZ : BKC LAISSE (ENFIN) LA PLACEEquipementier19/3/2010 |
C'est bien le seul engagement que Louis Petiet, patron de BKC, aura tenu ! Il se retire de la reprise d'Heuliez, sous la pression du gouvernement (qui l'avait pourtant désigné l'été dernier) et de l'ampleur médiatique qu'a pris cette affaire.
Incapable d'apporter les fonds qu'il avait pourtant promis depuis maintenant plusieurs mois, Louis Petiet jette donc l'éponge, mais la manœuvre a fait perdre un temps précieux à l'équipementier, dans le développement de ses produits, et notamment dans la course au véhicule électrique qui, en 2009, a vu de nombreux acteurs se positionner et prendre une avance certaine… Sans parler des 600 salariés, qui, après l'espoir, sont aujourd'hui sur la défensive… Il y a deux semaines, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, avait ouvert la voie d'un possible investisseur turc, capable d'apporter les fonds nécessaires au sauvetage d'Heuliez. Cette annonce, assortie d'une mise en garde invitant M. Petiet à se retirer sans faire d'histoires, sonnait enfin officiellement le ras-le-bol du gouvernement, face à un BKC qui promet, en vain, depuis des mois. Et cette fois, le message semble être passé. Louis Petiet accepte de "permettre à ce nouvel entrant de détenir une très large majorité des différentes sociétés du Groupe Heuliez", a-t-il fait savoir dans un communiqué. Cette petite phrase lourde de sens indique, par ailleurs, que BKC, toujours propriétaire d'Heuliez, peut très rapidement devenir minoritaire, soit par cession de titres, soit par augmentation de capital, selon les négociations à venir. Rappelons que, l'été dernier, BKC avait apporté un million d'euros pour devenir propriétaire d'Heuliez, à hauteur de 80 %. La région Poitou-Charentes a, elle, versé 5 millions d'euros, et le FSI s'était alors engagé à verser 10 millions d'euros, dès que le solde de 16 millions promis par BKC serait sur le compte d'Heuliez… Mais la société n'a jamais apporté l'argent frais… Un nouvel espoir ?Comme nous l'écrivions la semaine dernière, le candidat turc à la reprise d'Heuliez est le fonds d'investissement Brightwell, dirigé par l'homme d'affaires Alphan Manas. M. Manas, qui a réalisé une grande partie de sa carrière dans l'industrie, a fondé Brightwell en 2006. Passionné par l'innovation et les nouvelles technologies, il détient actuellement des participations dans une dizaine d'entreprises, du secteur énergétique aux technologies, en passant par les moteurs de bateaux, mais, jusqu'à présent, rien dans l'automobile. Il se dit capable d'apporter 20 millions d'euros à Cerizay. Toutefois, gageons que le pouvoir en place sera désormais plus prudent quant aux garanties d'un repreneur potentiel, surtout en période électorale… Car, s'il ne passionne pas les foules, ce scrutin a, au moins, le mérite de susciter des prises de positions de tous bords, qui peuvent avoir de lourdes conséquences lors d'échéances futures… Quoi qu'il en soit, lors du dernier salon de Genève, Heuliez a présenté sa nouvelle voiture électrique, la Mia, en présence de l'investisseur turc, qui a déclaré qu'il donnerait sa réponse après l'audit des comptes de l'équipementier. La décision est désormais attendue avec ferveur à Cerizay. Alphan Manas a aussi promis de révéler alors, avec quels partenaires il compte investir dans Heuliez. "Nous sommes deux. Je viens avec un partenaire industriel turc, dont le nom ne peut pas être révélé pour l'instant", a-t-il indiqué. Quoi qu'il en soit, on sait déjà que le gouvernement et la région, comprenez Christian Estrosi et Ségolène Royal, ont déjà demandé des engagements à long terme, maintenant l'outil industriel d'Heuliez sur Cerizay. En annexe de ces négociations, Paul Quéveau, l'ancien patron propriétaire d'Heuliez, réembauché après la liquidation de l'entreprise, puis licencié le mois dernier, réclame 239 000 e d'indemnités à Heuliez New World en référé aux prud'hommes. |
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