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Latitude, en attendant le haut de gamme

Latitude ne suscite pas l’émotion. Elle se comporte néanmoins tout à fait honorablement sur route. Pour autant, c’est le minimum attendu sur ce segment…

Latitude, en attendant le haut de gamme

Renault est allé chercher loin son nouveau haut de gamme. D’un coup de baguette magique, le constructeur a affublé une Samsung d’un losange à la française. Si l’auto est sans conteste un véhicule de qualité, elle n’en reste pas moins en deçà des standards voulus par le marché auquel Renault la destine.

Depuis sa découverte au mondial, la Latitude de Renault suscite l’émoi. Rien ne va plus entre un constructeur qui joue la rationalité en attendant des jours meilleurs, et un parterre de journalistes aux plumes acérées, qui fustigent le choix raisonnable, la poudre aux yeux jetée à la face des futurs clients, avec un produit loin d’être à la hauteur, à leurs dires.

C’est dans ce climat pour le moins délétère que Renault nous a confié le volant de son nouveau haut de gamme, la Latitude, qui, comme chacun sait, est une allégorie construite autour de sa cousine coréenne, la Samsung SM 5…

Le discours du constructeur français est clair. Oui, la Latitude est la nouvelle berline haut de gamme de Renault, elle vient coiffer la gamme, mais ne doit pas remplacer feu la Vel Satis, de triste mémoire commerciale (40 000 exemplaires en 7 ans)… Dès le lancement, en janvier prochain, la Latitude aura pour cible la Skoda Superb, la Citroën C5 ou la Peugeot 508. Au plan marketing, Latitude se montre proche de Skoda. Sans être un véhicule low-cost, une appellation beaucoup trop connotée sur le marché des grosses berlines, il s’agit plutôt de donner plus d’équipements, sans augmenter les tarifs.

La marque souhaite séduire une clientèle “post-familiale”, c’est-à-dire un couple, après le départ des enfants. Toujours selon les aveux de Renault, l’accent a été mis sur le confort. Contrat rempli de ce point de vue. Malgré sa filiation coréenne, la Latitude a été développée en France, au technocentre, puis finalisée en Corée. Les ingénieurs voulant la placer un cran au-dessus en termes de bien-être à bord, l’ont dotée d’une panoplie de systèmes inédits qui feraient presque oublier la fadeur de son dessin. Par exemple, l’auto se pare, en série, d’un ioniseur d’air, issu d’une conception coréenne. Mais aussi d’un siège conducteur massant, équipement encore relativement rare, même dans les berlines premium. Sans oublier le diffuseur de parfum, capable de distiller savamment 4 fragrances au choix… Il n’en fallait apparemment pas plus pour rassurer le réseau…

Un réseau dans l’expectative

Les concessionnaires, échaudés par la Vel Satis, attendaient de pied ferme ce nouveau vecteur d’image, et se disaient même, sinon sceptiques, au moins vigilants, face à une auto venue de Corée… Alors, pour la présentation de Latitude, Renault a emmené les vendeurs faire un tour comme passagers de l’auto, avec le ioniseur d’air en fonction. Les réactions furent, paraît-il sans appel ! Ils ont été séduits ! Pour info, le ioniseur, très à la mode en Corée, permet de générer, à partir de l’air ambiant, des atomes d’hydrogène actifs et des ions d’oxygène négatifs. Ce qui a pour effet d’apaiser, et de diminuer le stress et la fatigue. L’ensemble de ces prestations est regroupé sous la bannière “Take Care”, un nouveau concept qui symbolise les futures autos du groupe dont les équipements apportent un niveau de confort supérieur.

L’art délicat de la séduction

Passons sur le design extérieur de l’auto. Tout a été écrit, de l’attaque en règle à la reconnaissance de la facilité, en cette période de crise. Il faut reconnaître qu’avec l’échec de Vel Satis, les dirigeants de Renault n’étaient pas enclins à prendre le moindre risque. Jusqu’à présenter un modèle des plus passe-partout, en droite ligne de la Fluence, conçu pour un autre marché, dont les attentes sont très différentes. Ainsi, des détails, insignifiants pour les Coréens, cumulés, deviennent pesants, quand un Européen inspecte la Latitude. A l’intérieur du coffre à bagages, aucun habillage ne vient garnir la carrosserie, ni même les articulations de la trappe, réalisées en tube carré cintré. De même, les plastiques choisis pour la boîte à gants, les panneaux de portière, sont indignes du rang supposé de la voiture. A l’avant, les sièges, sans fioriture aucune quant à leur dessin, manquent également de maintien. Inadmissible pour un haut de gamme…

Latitude est un véhicule tout à fait étonnant. Elle se présente comme un haut de gamme, sans en fournir les prestations. On a un peu le sentiment que Renault a étudié son portefeuille mondial et a choisi de faire de la SM5 le haut de gamme français, sans que cela ne coûte trop cher… Le segment D est en chute libre, et le remplaçant de l’Espace sur le segment E, qui pourrait faire illusion à cette place, n’est pas encore prêt. A la croisée des chemins de toutes ces problématiques, il y avait donc la Latitude… La question qui reste posée et qui restera difficile à trancher sera : Pourquoi choisir une Latitude plutôt qu’une Laguna ? Les 20 cm supplémentaires suffiront-ils ? Les objectifs de Renault sont quasi-impossibles à obtenir depuis l’épisode Modus, mais on chuchote néanmoins que le constructeur espère écouler 15 000 unités de Latitude en Europe… Tout ça pour ça !

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La Latitude en bref

Date de lancement : janvier 2011
Concurrentes de la Latitude 2.0 dCi 150 Business (32 500 €)
Skoda Superb 2.0 TDi 170 elegance : 31 010 €
Citroën C5 2.0 HDi 140 exclusive : 32 300 €
Prix : de 32 500 à 45 000 €


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