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Gefco joue la diversification à Hordain

Jean-Paul Dupont, responsable du site.

Gefco joue la diversification à Hordain

Implantée au cœur du site Sevelnord d’Hordain, l’importante plateforme Gefco recueille aujourd’hui les fruits d’une mutation rendue obligatoire par la lente baisse d’activité sur les lignes de production du site PSA voisin.

A Hordain, au sud-ouest de Valenciennes, Gefco a implanté l’un de ses 5 plus grands centres logistiques de France. Comme à Aulnay, Mulhouse, Poissy, Rennes et Sochaux, la plateforme nordiste est, elle aussi, située au sein d’un site de production de PSA. A ceci près que, à Hordain, l’implantation est exploitée en collaboration avec Fiat. De quoi assurer une activité soutenue pour le logisticien. Le site traite, en effet, les 70 000 véhicules qui sortent chaque année des chaînes de Sevelnord à destination des différents marchés. Ce sont ainsi 80 camions qui en partent chaque jour. Soit une moyenne de 14 000 à 15 000 camions par an.

70 % de la flotte y est ­affrétée

Gefco affiche une flotte de 200 camions porte-voitures dans sa division TLA (transport logistique automobile). Mais des camions sont également affrétés en appoint sur de nombreux sites du logisticien. La particularité d’Hordain est que Gefco y fait travailler une flotte d’environ 70 camions “gérés”, pour “seulement” 30 camions Gefco (ou MRI). Une flotte importante, comparativement à celles des 17 autres sites terrestres et portuaires que le logisticien possède en France. “C’est la nature des produits de Sevelnord qui veut ça”, explique Jean-Paul Dupont, responsable du site. C’est-à-dire que les camions qui sortent du site transportent 6 Experts, quand il est possible d’y mettre 10 C3. Les normes de chargement différant selon les pays (en République tchèque, on ne peut pas charger plus de 4 véhicules ; en Allemagne, en Belgique ou en Suisse, on ne peut pas excéder 4 m de haut, alors qu’il n’y a pas de limite en France, même si Gefco ne dépasse pas 4,5 m dans ses structures…), le coefficient moyen baisse encore quelque peu. Le coefficient de chargement des camions est ici de 5,5. “Si nous ne travaillons pas avec des affrétés, nous ne pouvons pas évacuer l’usine. Or, c’est notre mission première. En 48 heures, les modèles doivent être livrés”, précise Jean-Paul Dupont.

Le ballet des jockeys qui alignent et répartissent les véhicules dans les 22 files du parc d’expédition (800 places) rythme la vie du site. Une trentaine de jockeys officient, dont 7 font partie des effectifs de Gefco (55 personnes à Hordain). Les autres étant rattachés à Sevelnord. Tout est informatisé. Les jockeys sont reliés par PDA au système central “Nostra”, qui permet la gestion des flux. “Ils prennent les véhicules en bout de chaîne jusqu’au point “e-com”, où les jockeys enregistrent le numéro de châssis (le début officiel de la vie d’un modèle), puis les conduisent sur le parc d’expédition, ou sur les deux parcs de stockage (1 200 et 630 places) si ces véhicules ne sont pas encore affectés”, détaille Jean-Paul Dupont.

Une activité stockage en développement

Outre cette activité de transport, le site stocke des véhicules pour les concessionnaires en mal de place et reçoit ainsi la production d’autres usines du constructeur, destinée à être ventilée dans les différentes concessions Peugeot et Citroën du Nord et du Pas-de-Calais. Le site a ainsi stocké 10 000 véhicules l’an dernier. Pour les succursales comme pour les investisseurs privés. Actuellement, les 2 000 places que le site affiche pour cette activité sont quasiment toutes occupées. Le stockage a représenté à peine 0,4 % des 27 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé par le site l’an dernier, soit environ 100 000 euros. Si 70 % des volumes stockés sur le site concernent les marques du groupe PSA, Gefco a également des accords avec Honda et Chevrolet pour ce type d’opération. Quand des camions partent livrer en Angleterre les véhicules produits à Sevelnord, ils passent ainsi à Southampton récupérer la production de Swindon destinée au marché français. Des véhicules – Civic, CR-V et CR-Z – qui arrivent ensuite à Hordain afin d’y être stockés en attendant d’être affectés, puis livrés aux concessionnaires Honda du réseau hexagonal. Gefco a ainsi traité 4 000 véhicules l’an dernier pour le compte de la marque nippone. En ce moment, 500 véhicules Honda patientent sur le parc. Le site travaille également avec Chevrolet depuis septembre 2011. L’accord initial prévoyait d’assurer la logistique pour les Camaro en provenance des usines américaines, via le port d’Anvers. Désormais, le site stocke également la Volt. Les deux modèles attendent eux aussi sur les lignes d’Hordain leurs affectations. Une centaine d’unités sont actuellement en parc. En 2012, Gefco traitera environ 700 véhicules Chevrolet.

Les VHU et Felix Faure gonflent les volumes

Le site d’Hordain travaille également avec Toyota. Implanté non loin de là, à Onnaing, le constructeur japonais a confié à Gefco le transport de sa production dédiée à l’export jusqu’au port de Zeebrugge, en Belgique. Le site a même remporté l’appel d’offres de Felix Faure, le réseau de succursales franciliennes de Citroën. “Nous récupérons les buybacks rachetés par Felix Faure auprès de loueurs de Paris, Nantes, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Marseille, puis les livrons chez des concessionnaires auxquels Felix Faure les revend en VO”, détaille Jean-Paul Dupont. En 2011, ce sont ainsi 25 000 véhicules qui ont été traités pour le compte de Felix Faure. Une activité logistique bienvenue, compte tenu des récentes évolutions à Hordain.

Depuis la crise de 2008, Sevelnord a, en effet, supprimé la 3e équipe, celle de nuit. La production y a été réduite de moitié. Aujourd’hui, 400 véhicules sortent chaque jour de ses chaînes de montage, contre 800 auparavant. Une baisse qui a eu un impact mécanique sur les activités de Gefco à Hordain. “Nous nous sommes adaptés”, raconte Jean-Paul Dupont. Depuis cinq ans, le site a, par exemple, développé une activité véhicules hors d’usage (VHU), assurant la logistique depuis les concessions clientes jusqu’à l’immense site de recyclage du groupe Gallo, basé à Halluin. “En 2009 et en 2010, grâce aux primes à la casse, nous avons traité 20 000 VHU par an”, explique Jean-Paul Dupont. L’an dernier, ce sont encore 10 000 véhicules hors d’usage qui ont été traités, malgré la fin du dispositif gouvernemental. “C’est un nouveau métier pour lequel il nous a fallu former les équipes”, précise Jean-Paul Dupont. Aujourd’hui, le système est rodé. L’opportunité s’est ainsi transformée en centre de profit pérenne. Depuis la baisse de production sur les lignes de Sevelnord, la plateforme Gefco d’Hordain a ainsi littéralement ajouté d’autres cordes à son arc. Allant au-delà de son métier premier pour pallier le recul de ses activités d’expédition.

De la logistique à la préparation VN

Depuis novembre 2010, le site a ainsi développé une nouvelle activité en interne : la préparation mécanique et esthétique des véhicules stockés (PVN). “Auparavant, nous externalisions cette activité sur un site STVA”, raconte Jean-Paul Dupont. “L’idée est de livrer des voitures clés en main aux concessionnaires qui stockent chez nous”, poursuit-il. Une offre à laquelle les distributeurs ont adhéré. Aujourd’hui, 85 % des véhicules stockés passent par cet atelier de préparation. Ils entrent ainsi dans l’atelier de 800 m2 pour un contrôle batterie et sont ensuite passés à l’outil de diagnostic avant d’être “déprotégés”, lavés à l’extérieur comme à l’intérieur, puis contrôlés via un petit essai routier sur une piste dédiée. Les opérateurs ajoutent même le lave-glace et l’essence, selon la demande des clients. En tout, une cinquantaine de points de contrôle sont vérifiés selon la checklist éditée par la structure. Chaque jour, les 12 à 18 préparateurs mandatés par un prestataire extérieur travaillent ainsi sur 70 à 140 véhicules. Le site devrait traiter 30 000 véhicules dans son atelier cette année. “Pour l’instant, l’activité PVN ne porte que sur les véhicules PSA, mais nous espérons qu’il y aura d’autres marques demain, confie Jean-Paul Dupont. C’est en tous les cas un segment que Gefco souhaite développer en Europe.”

Le logisticien réfléchit même à la manière d’améliorer ce service. Car actuellement, même si les véhicules préparés le soir et prêts à partir le lendemain sont stockés sous un chapiteau, quand les véhicules débarquent du porte-huit en concession, un opérateur peaufine sur place la préparation esthétique. “Il nous faut trouver un moyen d’amener des véhicules prêts à livrer aux clients chez le distributeur. Nous faisons actuellement des tests pour livrer les véhicules dans des camions bâchés”, énonce, en effet, le directeur du site.

Le retour du fer ?

La plateforme ne manque pas de projets. Dans les mois qui viennent, le site d’Hordain ouvrira même un atelier PPO (Post Production Operations) de 500 m2 pour réaliser, sur des VUL, des prestations de logotage, d’aménagement intérieur, de pose de galeries, d’échelles ou de crochets d’attelage… Et cela pour ses grands comptes tels que la SNCF, La Poste ou encore Bouygues. “Nous avons actuellement une flotte de 20 véhicules pour faire ce type de prestation en concession. Cet atelier va nous permettre d’augmenter sensiblement cette activité”, commente Jean-Paul Dupont. Cette nouvelle structure devrait permettre au site de traiter environ 2 000 véhicules à l’année. Côté projets, le directeur étudie même la possibilité de réhabiliter la zone ferroviaire et ses trois quais d’embarquement. L’installation a été fermée voilà deux ans. Les volumes ne le justifiaient plus. Pour autant, la direction est actuellement en pleine réflexion. “Ce serait un virage à 180°, mais pourquoi ne pas utiliser ces lignes pour de la réception et non de l’expédition ?”, s’interroge Jean-Paul Dupont. “On peut très bien imaginer que Sochaux nous envoie sa production à destination des distributeurs du Nord-Pas-de-Calais par le fer”, poursuit-il. Une idée de plus : gérer au mieux la plateforme, tout en réduisant sa dépendance par rapport à Sevelnord ou aux évolutions du constructeur.

PSA annonce une cession d’une partie du capital de Gefco et une montée en puissance de l’activité hors groupe. Soit. GM entre au capital de PSA. Dont acte. Toutes ces annonces, Jean-Paul Dupont les prend désormais avec un certain recul. “Nous n’attendons pas les annonces pour chercher à développer nos activités”, commente-t-il. Le directeur ne le reconnaît qu’à demi-mot, mais les évolutions en cours devraient augmenter le business du logisticien. Pour le site d’Hordain, en revanche, la retenue est un peu plus de mise. Les incertitudes concernant Sevelnord quant à l’après 2017, date à laquelle le partenariat avec Fiat sur la production du Scudo cessera, empêchent de céder à un franc optimisme. Malgré les nouveaux métiers explorés par ses équipes.

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FOCUS - Sevelnord en bref

A l’origine, le site était une usine Simca, spécialisée dans la sellerie. Désaffectés, les lieux ont été repris en 1988 par PSA, en collaboration avec Fiat, afin d’y implanter la production des monospaces Evasion, 806, Ulysse et Phedra, réponses des deux constructeurs à l’Espace de Renault. Depuis, la production d’Ulysse et de Phedra a cessé. Le site assemble désormais les Peugeot Expert et 807, les Citroën Jumpy et C8, le Fiat Scudo.
 


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