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"Christian Klingler ne se situe pas du tout dans le registre émotionnel ; il est dans l’efficacité"

Questions à Olivier Veyrier

JA. Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Christian Klingler ?
OV.
En fait, je l’ai rencontré dès la fin des années 1990, dans le cadre de plusieurs échanges avec Porsche Holding et PGA. Dès le départ, il s’est révélé être un partenaire avisé de la distribution, de surcroît curieux, dans le bon sens du terme. Christian Klingler avait envie de réaliser de grandes choses et cette envie ne l’a jamais quitté. Elle reste intacte aujourd’hui. Chez PGA, il s’est d’ailleurs affirmé comme un vrai moteur de croissance, car c’est lui qui a piloté la seconde phase de développement du groupe. Par ailleurs, c’est aussi lui qui m’a convaincu de rejoindre PGA, mais nous nous sommes finalement peu côtoyés dans ce cadre car il partait chez Volkswagen. Je travaillais davantage avec Claude Fréret.

JA. Quelles sont ses principales qualités à vos yeux ?
OV.
J’en mettrais principalement quatre en avant. Tout d’abord, une capacité de travail hors du commun et en toutes circonstances. Par ailleurs, une réelle ambition, dans le bon sens du terme. En outre, une précieuse aptitude à analyser puis à s’approprier des cultures différentes, qu’il s’agisse de pays, de groupes ou de méthodes. Enfin, une vocation pour la mise en action et l’action, avec une constance inaliénable dans ce domaine.

JA. Il s’agit de l’Homme de l’Année le plus jeune de l’histoire du prix, hors personnalités sportives. D’une manière générale, que vous inspire sa précocité ?
OV.
Je vais répondre par une boutade : il fait jeune aujourd’hui, mais il faisait plus vieux que son âge lorsqu’il était très jeune ! Quand je l’ai rencontré à Poitiers, il avait moins de trente ans, mais il en paraissait plus, surtout que ses responsabilités déjà très importantes tendaient à accentuer le décalage. Trêve de plaisanteries, Christian Klingler, même très jeune, a toujours dégagé une impression de grande maturité et de grande lucidité d’analyse. C’est assurément l’une de ses grandes forces.

JA. Dès lors, jusqu’où le voyez-vous aller, alors qu’il est déjà à un niveau de responsabilités très élevé pour un quadra ?
OV.
C’est difficile à dire, il est déjà tellement haut ! En outre, ce n’est pas à moi de répondre dans la mesure où cette question est aussi une affaire de choix personnel et qu’elle interpelle aussi les hasards de la vie et de ses rencontres. En tout état de cause, Christian Klingler a peu de limites car il possède une immense capacité d’adaptation. Il l’a déjà prouvé. Peu de gens s’en rendent compte, mais c’est très difficile de passer de la culture d’une entreprise de taille moyenne à la culture d’un groupe au rayonnement mondial, ce point mérite d’être souligné.

JA. Beaucoup de gens louent sa connaissance très fine de la distribution et ce qu’elle apporte au sein de la direction de Volkswagen, qu’est-ce que cela vous inspire ?
OV.
Dans un grand groupe automobile, c’est assurément une valeur ajoutée très précieuse. Surtout que la compétence de Christian Klingler dans ce domaine est protéiforme et quasi exhaustive : distribution monomarque, distribution multimarques, distribution dans différents pays, etc. Cette compétence permet dès lors d’avoir une vision plus affinée et pragmatique des problématiques liées aux clients.

JA. De prime abord et du point de vue médiatique, Christian Klingler peut apparaître réservé et distant, partagez-vous cette impression ?
OV.
Non, il n’est ni réservé ni distant. En revanche, il est précis et concis. D’une manière générale, c’est quelqu’un qui prend la parole quand il estime que c’est utile. Il a d’ailleurs une très bonne gestion de la parole et cela joue pour lui. Christian Klingler ne se situe pas du tout dans le registre émotionnel ; il est dans l’efficacité. En outre, il n’a pas besoin des médias pour exister. Il a une vision utilitaire de l’exposition médiatique, dans le bon sens du terme. Il ne cherche pas à se mettre en avant, il est au service de son groupe.

JA. Comment définiriez-vous Christian Klingler en tant que manager ?
OV.
Il a la capacité à définir rigoureusement une vision, puis à la faire partager par ses équipes. Par ailleurs, en tant qu’homme d’action, il fait valoir une remarquable constance dans l’effort et il prend toujours soin de provisionner les moyens dont il va avoir besoin. Il n’est donc jamais pris au dépourvu ou contraint à l’approximation. Ensuite, c’est un monstre de détermination, il a un côté “bulldozer”.

JA. Le mot de la fin ?
OV.
Je crois que son passage en France l’a beaucoup marqué et qu’il est très attaché à notre pays. Il est vrai aussi que son expérience française chez PGA l’a forgé. Par ailleurs, avec Pierre Guénant, il formait un duo, fait d’alliances mais aussi d’oppositions, qui s’est révélé très positif pour PGA.

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