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Qualcomm Halo souffle un courant d’air

Anthony Thomson, directeur du développement et du marketing de Qualcomm Halo.

Qualcomm Halo souffle un courant d’air

Techniquement, le procédé du rechargement par induction n’est pas inconnu du public. Mais quand une multinationale telle que Qualcomm se décide à investir dans cette voie, alors tout prend une autre dimension.

Dans le Convention Center de Los Angeles, la société britannique n’a pas lésiné sur les moyens en retenant le stand le plus en vue, juste à l’entrée du seul hall occupé par les exposants. Pour comprendre les raisons de cette motivation, il faut remonter quelques mois en arrière et à la reprise des activités de Halo, société d’ingénierie qui explorait déjà cette piste. Un rachat qui signait l’entrée sur le marché du VE de Qualcomm.

L’EVS26 de Los Angeles a donc été l’occasion de communiquer à grande échelle sur une technologie qui vient en complément – pour ne pas dire en concurrence – de la borne de recharge classique. Concrètement, le fondement du rechargement par induction pour les automobiles ne diffère pas de ce qui a été testé dans le secteur de l’électronique grand public, à savoir que l’électricité destinée à régénérer les batteries passe littéralement par les airs, selon le procédé physique de la résonance magnétique qui accouple les deux dispositifs respectivement placés dans la base et dans le véhicule. Dans la continuité du process, notons que le système de Qualcomm Halo autorise également le V2G (Vehicle to Grid, N.D.L.R.), soit la connexion entre la voiture rechargeable, électrique ou hybride, et la commande à distance.

Viser la prochaine génération de véhicules rechargeables

Il faut cependant voir quelles sont les perspectives au-delà de cette innovation ? A quelques encablures du stand de Qualcomm Halo, se trouvait celui de Nissan et de sa marque de luxe, Infiniti. Le constructeur n’exposait qu’un seul véhicule, baptisé “LE Concept” et dont l’une des caractéristiques principales était de croire justement au rechargement sans fil. “Nous avons des contacts avec plusieurs constructeurs qui y voient un grand intérêt”, confirmait Anthony Thomson, directeur du développement et du marketing de Qualcomm Halo, lors de l’entretien de présentation en ouverture de l’événement. Néanmoins, ce dernier laisse entendre qu’une fois encore se pose la problématique de l’œuf ou de la poule : “Nous attendons les volumes de véhicules rechargeables pour pousser notre solution à grande échelle”, continue-t-il, sans exclure l’hypothèse de créer un consortium visant à promouvoir la technologie. Car le rechargement par induction impose quelques aménagements dans la structure du châssis et les modèles de véhicules circulant actuellement sur nos marchés ne sont pas encore aux normes. “Nous nous positionnons donc sur la prochaine génération dans le cycle produits des constructeurs”, recadre Anthony Thomson.

Considérant qu’un véhicule est stationné plus de 90 % du temps, les opportunités de le recharger ne manquent pas. Mais, dans bien des cas, estime-t-on à la direction marketing de la compagnie britannique, les utilisateurs rechignent à connecter le câble à la station. La technologie sans fil viendrait éliminer cette problématique. Imaginez, en effet, que pour faire le plein des batteries, il n’y ait qu’à stationner sur un emplacement spécifique. On aurait alors l’assurance de toujours démarrer avec le maximum d’autonomie possible. Par conséquent, les constructeurs pourraient s’autoriser à réduire la taille des packs afin d’alléger leurs véhicules, sans pour autant en grever l’autonomie. Un cercle vertueux, in fine. Qualcomm Halo ne fait cependant pas de miracle sur les délais nécessaires : comme avec l’emploi de câbles électriques, il faut compter six à huit heures, selon la puissance de la station.

Dans la tête des ingénieurs de Qualcomm, la vision de cette innovation est claire et la finalité évidente : “Nous cherchons à simplifier l’utilisation quotidienne des véhicules électriques afin d’encourager leur consommation”, nous dit l’un de leurs responsables en provenance du bureau d’études japonais. Si la société montait un consortium, ce serait par ailleurs pour se donner du poids face aux collectivités et aux décisionnaires des grandes agglomérations car le dispositif de rechargement sans fil demande un effort en travaux public, notamment si l’option de l’enfouissement des plaques est privilégiée afin de se prémunir des actes de malveillance.

Le rechargement dynamique, le doux rêve

A la rentrée prochaine, Qualcomm Halo doit démarrer une opération pilote au Royaume-Uni, très certainement à Birmingham. Des dispositifs seront installés dans les points stratégiques tels que les gares, l’aéroport, les zones de taxi ou les parkings. “Notre modèle économique se base sur la vente de licences d’exploitation par des tiers”, décrit dans un premier temps Anthony Thomson. Dans un second, il évoque l’hypothèse d’un modèle horizontal où la technologie serait standardisée et servirait de base de travail aux acteurs de la filière automobile. Si, dans les deux cas, on favorise l’adoption de masse, le responsable marketing de Qualcomm Halo accorde plus d’intérêt à la seconde piste, celle qui “garantit une compétition et une économie d’échelle à long terme conduisant à la réduction des coûts”.

Qualcomm Halo possède plusieurs centres de recherche à travers le monde. Souvent adossés à des universités, ceux-ci se trouvent notamment à Auckland, à Munich, à Zurich et en Californie. Ensemble, ils essaient de mettre au point la prochaine évolution du concept, à savoir le rechargement dynamique. L’idée est de conjuguer la technologie sans fil et la notion de mobilité. Comprendre, être capable de régénérer les packs batteries même en phase de roulage. Ce n’est plus du domaine de la science-fiction, mais encore de la prospective. Les premières expérimentations seraient concluantes, mais les contraintes physiques constituent un frein. Le procédé de l’induction nécessite une position parfaite qu’il est complexe de tenir une fois en mouvement. Mais, dans un monde idéal, des couloirs spéciaux seraient aménagés sur les autoroutes et, par des incursions ponctuelles, on se donnerait l’énergie utile pour tracer la route sur des centaines… et même des milliers de kilomètres.

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