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“Notre expertise en rechange doit nous  faire progresser chez les constructeurs”

Sylvie Loubaud, chef de marché Automotive de Chronopost.

“Notre expertise en rechange doit nous faire progresser chez les constructeurs”

A 33 ans, Sylvie Loubaud a déjà un parcours des plus éclectiques et fournis chez Chronopost. Depuis huit mois, elle est en charge du développement de Chronopost sur les marchés de l’automobile. Un secteur aux enjeux multiples, sur lequel Chronopost fonde de grandes ambitions.

JOURNAL DE L’AUTOMOBILE. Comment arrive-t-on à la tête de l’activité automobile chez Chronopost ?
SYLVIE LOUBAUD.
Je suis un pur produit Chronopost, depuis le début de ma carrière il y a treize ans. J’ai commencé comme chargée d’affaires multimarchés, sur un secteur géographique. Je suis ensuite devenue responsable grands comptes Ile-de-France, puis ingénieur d’affaires sur le e-commerce, qui fut ma première approche nationale chez Chronopost. Désormais, j’occupe les fonctions de chef de marché Automotive, depuis le mois de juillet 2012. C’est un secteur très riche et très concret.

JA. Quand vous êtes arrivée l’été dernier, comment vous êtes-vous approprié ce marché ?
SL.
J’ai commencé par visiter nos clients, les groupements de distribution indépendante, les acteurs de la rechange constructeurs, afin de comprendre précisément leurs enjeux et les problématiques de transport auxquelles ils sont confrontés. A l’issue de cette première prise de contact, j’ai pu constater que nous étions bien armés sur la rechange indépendante et j’ai souhaité mettre l’accent, dans les années qui viennent, sur les services aux concessionnaires notamment. Car si les constructeurs sont souvent déjà bien structurés, avec leurs propres filières, voire filiales parfois, nous intervenons pour eux à certains niveaux, ce qui laisse à penser que nous avons un rôle à jouer dans leur schéma logistique, sur une approche plus large.

JA. Alors aujourd’hui justement, quelle est la nature des activités automobiles chez Chronopost ?
SL.
Globalement, le marché Automotive se porte très bien chez Chronopost, puisque nous avons enregistré l’année dernière une croissance de 5 % de notre chiffre d’affaires, de 6 % en expéditions, avec 5 000 clients référents. La dynamique est donc lancée, et ma mission consiste à accélérer encore, puisque nous ambitionnons de doubler cette croissance d’ici deux ans.
L’Automotive s’organise en quatre filières différentes chez nous, à savoir le deux-roues, l’agroéquipement, la rechange constructeur, qui constitue l’axe prioritaire de développement, la rechange indépendante. Nous comptons sur notre expertise en rechange indépendante pour nous faire progresser chez les constructeurs.

JA. Désormais, l’automobile est devenue un secteur clé chez Chronopost. Quand et pourquoi ce choix s’est-il imposé ?
SL.
En 2008, nous avons décidé de mettre en place une véritable approche stratégique sur plusieurs marchés, nécessitant des équipes dédiées pour gérer leurs spécificités, à la fois côté donneur d’ordre et côté client. L’automobile en fait partie, au même titre que la banque, le e-commerce, la distribution, l’électronique et la santé. C’est fondamental pour nous d’accroître notre niveau de service global par une approche beaucoup plus spécifique.

JA. Travaillez-vous pour certains sites de vente de pièces détachées en ligne ?
SL.
Nous traitons bien entendu désormais des flux générés par le trafic sur les sites Web. Chronopost bénéficie d’ailleurs d’un avantage certain dans ce domaine, puisque notre palette d’offres est très large. Nous traitons en national, en international, mais également en BtoB et BtoC. Nous pouvons donc constituer un interlocuteur unique pour un site, en étant capables de gérer à la fois ses approvisionnements en provenance des équipementiers ou des plateformes, ainsi que les livraisons au client final. Toutefois, sur cette activité, notre secteur e-commerce intervient de concert avec l’Automotive. Aujourd’hui, 20 % du CA BtoC de Chronopost se fait en e-commerce, tous secteurs confondus.

JA. Avec le contexte économique qui se durcit, la pression sur les prix se fait-elle sentir dans l’automobile ?
SL.
Il est évident que le contexte se tend. Toutefois, c’est sur la qualité de service que se négocient in fine les contrats. Un distributeur doit pouvoir disposer de sa pièce le lendemain, c’est un prérequis indispensable, puisque c’est le fondement de son métier. Si un fournisseur ou un logisticien ne peut l’alimenter, il change d’interlocuteur, c’est inéluctable. Ce qui fait que, dans les critères de choix, le prix arrive en seconde ligne, derrière le service. C’est aussi la raison pour laquelle nous nous positionnons sur la valeur ajoutée, sur un vrai savoir-faire. Le “matin certain” c’est le métier de Chronopost, dans le cadre de ses attributions de transporteur en J+1.

De plus, le tarif est une notion floue dans le transport de pièces détachées automobiles. Tout dépend de ce qui se trouve dans le carton. Nous sommes positionnés sur l’enjeu des marchandises. S’il n’y a pas d’enjeu, il n’y a pas de valeur ajoutée nécessaire, et donc pas besoin du service Chronopost. Il faut bien voir qu’au-delà du produit, nous transportons de l’enjeu. L’attente est forte, car de notre mission dépendent de grandes conséquences pour le client final qui attend sa voiture.

JA. Quels services à valeur ajoutée vous permettront de faire la différence avec vos concurrents, demain ?
SL.
En rechange, l’important est l’engagement que l’on prend et sa fiabilité. Notre réseau permet de livrer n’importe quel distributeur en France, dès le lendemain qui suit une commande, avant 10 heures ou avant 13 heures. Puis nous apportons une somme d’outils de pilotage de la performance, et enfin une expérience multisectorielle et multitypologie de clients.

JA. Votre nouveau service de livraison interactive vient-il de ce brassage de “meilleures pratiques” ?
SL.
Tout à fait. L’attente du client n’est plus uniquement liée aux délais. Il demande maintenant de l’anticipation, de la reprogrammation, de l’adaptation à l’agenda. C’est-à-dire apporter le service au plus près de l’attente. Cette innovation, directement inspirée par les pratiques de consommation liées au e-commerce, permet au client final de modifier son adresse de livraison jusqu’au dernier moment, afin d’offrir une plus grande flexibilité.

JA. Suivez-vous les évolutions réglementaires qui pourraient diversifier votre activité ?
SL.
Bien sûr, nous suivons notamment les évolutions de l’Euro Design, qui, s’il aboutit à une ouverture de la distribution des pièces aujourd’hui captives, pourrait représenter des poches de croissance pour nous, dans le cadre d’une activité de transport de pièces de carrosserie. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes adhérents de la Feda (Fédération des syndicats de la distribution automobile), qui constitue pour nous une veille sur ces sujets. Par ailleurs, il faut reconnaître, cela représente aussi une formidable occasion de rester proches de nos clients destinataires et de nos donneurs d’ordres de la rechange indépendante.

JA. Certains de vos clients ne vous demandent-ils pas de vous mettre au stockage, et donc de devenir un peu logisticiens ?
SL.
Les plateformes de consolidation existent dans les DOM-TOM, mais nous n’avons pas ressenti encore la demande au niveau de la métropole. L’organisation française, basée sur l’utilisation de plateformes pour les stocks déportés des équipementiers, permet en effet de maintenir un taux de service suffisant, au juste prix. D’ailleurs, certaines plateformes commencent à avoir une approche de logisticiens pour satisfaire leurs clients, et accueillir des équipementiers hors des frontières, qui cherchent à s’implanter en France. Ce n’est pas le même métier et nous nous concentrons sur la qualité de notre service.
 

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