Accès direct au menu Accès direct au contenu de la page
Volkswagen Golf V : En route vers les sommets ?

Volkswagen Golf V : En route vers les sommets ?

Difficile de renouveler un modèle quasi trentenaire et aussi vital pour la marque. Volkswagen a choisi, pour la 5e génération de sa Golf, le changement dans la continuité. Les bons points sont nombreux, comme les suspensions ou la qualité de l'assemblage, mais il y a aussi des bémols. Commercialisation...
...le 14 novembre.

Des amis de 30 ans ! Wolfsburg et la Golf entretiennent une amitié, voire un amour trentenaire, mais c'est la première fois qu'une nouvelle génération de Golf est présentée dans sa ville. Pour le lancement de cette 5e mouture, la ville a participé à l'événement modifiant ses panneaux indicateurs Wolfsburg en Golfsburg. L'Autostadt, le complexe dédié à la marque, avait donc revêtu ses habits de lumière pour celle que Volkswagen veut à nouveau voir au sommet européen. La Golf est devenue la Volkswagen la plus vendue, ayant même dépassé la mythique Coccinelle (plus de 21 millions), avec 21 517 415 exemplaires en 2002, et le compteur continue de tourner avec aujourd'hui plus de 22 millions. Pourtant, la performance de la Golf ne peut pas être totalement comparée à la Cox, car cette dernière n'a eu que peu de remaniements ou de générations différentes. En 1974, la Golf est un véritable phénomène et elle séduira près de 6,8 millions d'automobilistes à travers le monde. La deuxième génération, apparue en 1983, contribuera à hauteur de 6,3 millions à cette saga Golf. Ensuite, les Golf III et IV qui ont débarqué sur le marché en 1991 et 1997 représenteront respectivement 4,8 et 4,3 millions d'unités. Chaque génération a perdu au moins 500 000 unités (entre la II et III ce chiffre est de 1,5 million), en sera-t-il de même avec la 5e ?
Si en 1974 on pouvait presque compter ses concurrents sur les dix doigts de la main, aujourd'hui ce n'est plus le cas : leur nombre ne s'exprime plus en dizaine mais en centaine ! On retrouve, en tête de la meute, la 307, la Mégane, l'Astra, la Focus etc. Mais ces berlines, mêmes nombreuses, n'ont pas bouleversé le segment M1 autant que les monospaces qui ont entraîné une véritable micro-segmentation.

Vers une famille Golf

Aujourd'hui, la seule gamme du segment M1 représente plus de modèles qu'une gamme totale de constructeur au début des années 80. L'exemple de Renault avec sa famille Mégane illustre parfaitement cette idée, que la quasi-totalité des constructeurs développent, Volkswagen y compris. La Golf V n'est déjà plus seule, le Touran l'ayant rejointe, et dans les mois, voire les années, à venir différentes carrosseries vont apparaître à leur tour. Dès le prochain Mondial de Paris, en plus de la version GTi, un nouveau

22 200 000...

C'est le nombre de Golf produites depuis 1974

  • Golf I : 6 800 000
  • Golf II : 6 300 000
  • Golf III : 4 800 000
  • Golf IV : 4 300 000
  • monospace 5 places fera son apparition. Viendront ensuite sans doute des variantes coupé-cabriolet, break, SUV...
    Il est donc logique que les objectifs annoncés par Volkswagen pour la Golf V suivent cette évolution. En effet, avec 600 000 unités pour 2004, la marque sera bien loin des records de 1992, avec 967 000 unités, et de 2000, avec plus de 915 000 unités. Toutefois, les chiffres de l'année 2005 seront sûrement supérieurs puisque la gamme sera complétée au cours de l'année 2004 avec notamment de nouvelles motorisations, la transmission 4motion et la boîte DSG pour les versions TDi. Mais, bien qu'incomplète, la gamme Golf V est d'une importance primordiale pour le constructeur car même si un rééquilibrage est prévu dans le futur avec les nouveaux modèles, la Golf représente aujourd'hui plus de 15 % du chiffre d'affaires du groupe et contribue à 1/3 de son bénéfice. Et il faut rappeler que ce dernier a chuté de 57,5 % sur les douze derniers mois, à 596 millions d'euros.
    Mais a-t-elle les moyens des ambitions qu'on lui prête ? Nous ne reviendrons pas sur le design qui est décortiqué dans un article suivant cet essai, et dans lequel Murat Günak, responsable du design, résume bien la complexité du renouvellement d'un modèle si important : "La Golf est l'icône de Volkswagen, le mètre étalon de son segment et un modèle économiquement vital pour la marque et la pérennité des emplois de ses salariés." Revenons plutôt sur le produit en lui-même, sur ses qualités et ses défauts.


    Un comportement routier en nette progression

    Première bonne nouvelle : les suspensions. Finis les pompages interminables qui rapprochaient plus la Golf IV d'une coquille de noix dans la houle que d'une voiture réellement agréable à conduire. Cette 5e génération reprend la plate-forme que l'on a déjà pu découvrir sur le Touran et l'Audi A3 où on avait constaté les mêmes progrès. Associé à des trains roulants largement revus et corrigés, notamment à l'arrière avec un essieu à quatre bras, ce châssis permet à la Golf d'offrir un comportement routier plus en phase avec ses prétentions. Si la concurrence a fait des efforts pour rattraper la Golf au niveau de la qualité des matériaux et de l'assemblage, la star de Volkswagen en a fait de même sur ce point. Toutefois, dans un cas comme dans l'autre, l'ensemble des acteurs de ce segment n'est pas encore au même niveau. Une fois de plus, serait-on tenté de dire, la Golf V

    EN CHIFFRE

    35 %

    C'est la part des moteurs à injection directe essence, FSi, que Volkswagen envisage de vendre à l'échelle européenne. Les moteurs essence "classiques" devraient représenter 15 % et les Diesel 50 %.
    affiche une qualité de finition au-dessus du lot. Mais il y a toutefois un petit bémol. Si l'assemblage est quasi parfait, la qualité perçue de certains éléments intérieurs n'est pas flatteuse. La partie supérieure de la planche de bord relativement agréable au toucher surprend visuellement avec un gros grain qui nous fait presque regretter le matériau de la Golf IV. Idem pour la partie inférieure de la planche de bord où, là, les plastiques semblent régresser. Le saut de la 4e à la 5e génération ne paraît pas aussi marqué que pour les générations précédentes, avec en conséquence une avance sur la concurrence qui n'est plus aussi importante que par le passé. En revanche, s'il y a un domaine où la Golf V ne souffre pas la critique, il s'agit de l'équipement (voir encadré). Arsenal électronique d'aides à la conduite, six airbags de série avec pour les versions 5 portes la possibilité d'en ajouter deux latéraux arrière, climatisation, régulateur de vitesse, feux et essuie-glaces automatiques, rien ne manque. Il est seulement dommage que sur la version d'attaque, la Golf Trend, qui devrait afficher un prix voisin de 15 000 _, la climatisation ne soit plus d'actualité. Mais le client pourra se consoler avec les motorisations.

    85 % des ventes françaises seront des Diesel

    Là encore, la Golf affiche des arguments de poids avec ses TDi et FSi. Pour les Diesel, qui devraient représenter 85 % des ventes en France, trois mécaniques se partagent la vedette. Lors du lancement dans l'Hexagone, le 14 novembre prochain, seuls les 1,9 TDi de 105 ch et 2,0 TDi de 140 ch seront disponibles avant qu'une version atmosphérique du 2,0, baptisée SDi de 75 ch, ne fasse son apparition en février prochain. A cette même date, les deux mécaniques turbo seront également disponibles avec la boîte DSG. Ce mariage s'annonce particulièrement agréable car, déjà prises séparément, ces deux mécaniques TDi et la boîte DSG font des merveilles.

    Les FSi à l'honneur

    Dans la gamme essence, moteurs à injection indirecte et directe se partagent l'offre, du moins pour un temps. En effet, la technologie FSi, injection directe essence, qui devrait représenter 35 % des ventes du modèle en Europe, ne se généralise pas encore en France à cause de nos carburants et de leur teneur en soufre encore trop élevée. A la mi-novembre, une motorisation de chaque technologie sera disponible, pour l'une le 1,4 16V de 75 ch et pour l'autre le 1,6 FSi de 115 ch. En février, on pourrait dire qu'on prend les mêmes et qu'on inverse les systèmes d'injection car le 1,4 sera alors disponible en FSi, développant une puissance de 60 ch, et le 1,6 sera lui décliné en version "classique" offrant 102 ch. La gamme sera coiffée à cette même période par le 2,0 FSi de 150 ch. Cette motorisation ouvrira également le bal des 4motion en septembre aux côtés des deux TDi plus connus.
    Si la Golf V reste avant tout une Golf, le modèle ne le doit plus uniquement à son style ou à ses motorisations, notamment Diesel, même si celles-ci demeurent encore des références de sobriété et de puissance. Cette fois, nous pouvons y ajouter une souplesse de fonctionnement, notamment sur le 2,0 TDi, qui renforce l'agrément. Mais une Golf, c'est aussi un prix et bien souvent plus haut que ceux de la concurrence ! En Allemagne, ils restent inchangés. En France, il n'y a encore rien d'officiel mais, même s'ils demeuraient au même niveau qu'avant, ils seraient toujours plus élevés que la concurrence. La Golf, qui a vu, entre 2001 et aujourd'hui, passer sa part de marché européenne de 9,1 à 6,1 %, réussira-t-elle à remonter la pente ? On serait tenté de dire oui, tant ses arguments sont convaincants, mais l'exemple de la Polo qui semblait, dans une moindre mesure, bien installée rappelle à Volkswagen que rien n'est acquis.

    Christophe Jaussaud

    ZOOM

    Les principaux equipements

  • Finition Trend : Airbags conducteur et passager, airbags latéraux rideaux, ABS avec HBA, EDS, EBV, ESP et ASR pour les motorisations supérieures à 105 ch, verrouillage centralisé, réglage volant sur les deux plans, siège conducteur réglable en hauteur, direction assistée électromécanique à assistance variable, jantes alliage 15 pouces, éléments extérieurs couleur carrosserie, etc.
  • En plus sur la finition Trend Pack : air conditionné semi-automatique Climatic, boîte à gants réfrigérée, etc.
  • En plus sur la finition Confort : capteur de pluie, régulateur de vitesse, allumage automatique des feux avec fonction "coming home" et "leaving home", rétroviseur intérieur antiéblouissement automatique, jantes alliage 15 pouces "Misano", siège passager réglable en hauteur, radio CD 6 HP, etc.
  • En plus sur la finition Sport : air conditionné automatique Climatronic, châssis sport surbaissé de 15 mm, indicateur de température extérieure, sièges sport à l'avant, tableau de bord, console centrale et portes avec des éléments décoratifs "titane", jantes alliage 16 pouces "Imola", radio CD 10 HP, etc.
  • En plus sur la finition Carat : sellerie cuir et sièges chauffants, jantes alliage 17 pouces "Estoril", etc.
  • 3 QUESTIONS A

    Yves Moulin, directeur marque Volkswagen

    "On revient toujours à la Golf"

    JA. Vous et votre réseau devez être heureux de voir arriver la Golf V, après quelques mois difficiles pour la marque avec la fin de la Golf IV ?
    YM. En effet, la Golf V est un véhicule très attendu. Sur un segment des compactes où il y a énormément de concurrence et même si la Golf IV a plutôt bien résisté, (elle reste le premier modèle importé en France), il était temps que le modèle change. Après le Touran, dont les résultats sont d'ailleurs très satisfaisants, le réseau sera à nouveau aidé avec l'arrivée de la Golf V.

    JA. Quels sont vos objectifs commerciaux ?
    YM. Nous pensons immatriculer entre le 14 novembre, date du lancement officiel en France, et la fin de l'année 7 000 à 7 500 unités. Pour l'année 2004, la première année pleine de commercialisation de la Golf V, nous visons environ 50 000 voitures. L'évolution du marché pourra faire varier cet objectif.

    JA. N'y a-t-il pas un risque de cannibalisation entre le Touran et la Golf ?
    YM. Effectivement, il va y avoir une partie de cannibalisation et nous en avons pris acte. Dans notre objectif d'environ 50 000 unités en 2004, nous avons pris ce phénomène en compte. Il faut se souvenir que la Golf faisait plus de 60 000 unités dans ses meilleures années. De plus nous allons pouvoir nous appuyer sur des clients relativement fidèles et un parc important. Nous pouvons espérer que le taux de fidélité sera de l'ordre de 60 %. Pour la conquête, je crois que tout au long du cycle de vie du véhicule il y a des moments, des étapes, pour attirer des nouveaux clients. Certains seront attirés dès le lancement, avec les quatre motorisations que nous proposons, d'autres attendront la GTi qui sera lancée à l'automne prochain. Mais surtout, je crois que lorsqu'un client a eu une Golf, même s'il va un jour vers un autre modèle, ce qui est compréhensible, il revient toujours à la Golf : c'est un véhicule très homogène, c'est elle qui a inventé ce segment, c'est elle qui est la plus aboutie. On revient toujours à la Golf.

    Voir aussi :

    Cet Article est extrait de
    Pour le découvrir, cliquez ici
    Ajouter un commentaire
     
    Pour laisser un commentaire,  
     Inscrivez vous 
    Plus d'articles

    Le réseau multimarque organisait, dans son fief de Saint-Herblain, la sixième édition de sa Distinxion Académie, journées destinées à former les membres du réseau. L'occasion de faire le point

    Extension de garantie revisitée, location d'accessoires, vente en ligne, labels carrosserie et vitrage… Le service après-vente de Skoda France prépare un solide plan de bataille à mettre en action

    Grand Prix des Marques Automobiles 2016 : et les gagnants sont...

    Evénement mesurant l’attachement des clients VN à leur marque, la dernière édition du GPMA voit BMW triompher. Le constructeur allemand s'octroie ainsi quatre des huit prix mis en jeu. Le palmarès

    Mercedes-Benz Vans en passe de lancer Mercedes Pro

    Il s'agit d'une offre complète de gestion de flottes présentée au salon IAA d'Hanovre et dont la commercialisation est prévue pour la mi-2017.

    Le bonus-malus revu de fond en comble en 2017 ?

    Le Gouvernement aurait l'intention de modifier de façon significative les seuils de déclenchement ainsi que les montants des bonus et des malus dans le projet de loi de finances 2017…

    Tuppin a le feu vert pour sa plateforme PR

    Le groupe picard, qui immatricule plus de 6000 véhicules des marques Peugeot et Citroën, vient de recevoir l'aval du constructeur pour mettre en forme sa stratégie de distribution de pièces de rechange.

     
    Accès direct au menu Accès direct au contenu de la page