Accès direct au menu Accès direct au contenu de la page
Comment Plastic Omnium montre la voie du succès aux équipementiers européens

Comment Plastic Omnium montre la voie du succès aux équipementiers européens

Nous avons sollicité Matteo Fini, senior consultant chez IHS Automotive et spécialiste des équipementiers, pour nous livrer un éclairage sur la formidable réussite de Plastic Omnium ces dernières années. Tout en louant la stratégie déployée par le Français depuis la crise de 2008, il promet une croissance durable au groupe dans les années à venir. Explications.

Six ans après l’explosion d’une crise économique qui a bouleversé les équilibres fondamentaux dans le secteur automobile, la famille des équipementiers européens retrouve lentement la voie de la croissance au moment où un vent de reprise se fait sentir sur leur marché local. La crise a été une nouvelle occasion de générer de la sélection entre les équipementiers européens, avec des gagnants étincelants qui ont su se redimensionner et anticiper pour saisir les opportunités qui s’annonçaient et les grands perdants, qui n’ont agi que dans l’urgence et qui continuent sur ce mode de fonctionnement. Plastic Omnium mérite très clairement d’être classé dans la première catégorie, en récoltant les fruits de sa stratégie d’investissements pour un développement international et pour des secteurs d’activités bien identifiés au cours des dernières années.

Une progression de 52 places dans le top 100 des équipementiers entre 2008 et 2013 !

Plastic Omnium est aujourd’hui un groupe bien différent de ce qu’il était il y a seulement six ans. Il a clairement su renforcer ses points forts, ce qui se traduit sans discussion possible au niveau de ses performances commerciales et financières. La performance globale du groupe au cours des dernières années a été exceptionnelle et il apparaît désormais dans le classement des vingt premiers équipementiers mondiaux en termes de chiffre d’affaires, un bond spectaculaire de 52 places depuis 2008 dans le top 100 des équipementiers. Une telle aptitude à générer plus de chiffre d’affaires tient en large partie au pari stratégique pris par la direction de Plastic Omnium sur la reprise du marché nord-américain, qui représente désormais 27 % de ses ventes, mais aussi aux investissements consentis pour tirer parti du boom automobile en Chine. Plastic Omnium a donc fait progresser ses ventes globales de presque 90 % entre 2008 et 2013, dépassant un chiffre d’affaires de 5,1 milliards d’euros en 2013. C’est une nouvelle preuve que les équipementiers qui se dotent d’une bonne stratégie, d’un portefeuille de produits compétitif et d’une implantation mondiale équilibrée peuvent bel et bien prospérer, même dans un secteur extrêmement concurrentiel.

Un portefeuille clients mieux équilibré

Par ailleurs, on relèvera que la génération du chiffre d’affaires s’est fortement déplacée de France et d’Europe par rapport aux chiffres de référence de 2008. A cette période, 68 % du chiffre d’affaires étaient issus de l’Europe, dont environ un quart pour le seul marché français. En 2013, la zone Europe a représenté légèrement plus de la moitié de l’activité du groupe, tandis que les opérations en Asie ont quadruplé pour s’établir à près de 770 millions d’euros. Et tandis que la production de véhicules légers a plongé en moyenne chaque année de 1,26 % en Europe depuis 2008, Plastic Omnium est parvenu à augmenter son chiffre d’affaires de plus de 800 millions d’euros dans cette région sur la même période. L’équipementier français a aussi cherché à développer son portefeuille de clients ces dernières années, s’attachant à le rendre moins exposé aux constructeurs français, qui représentaient environ le tiers de son chiffre d’affaires en 2008. En 2013, aucun compte client ne pesait plus de 16 % dans son activité, General Motors étant son premier client (16 %), devant Volkswagen et PSA Peugeot Citroën avec respectivement 15 et 14 %. L’une des principales réussites de Plastic Omnium réside donc dans le fait d’avoir réussi à restructurer son portefeuille de clients pour le rendre plus équilibré. A titre indicatif, les cinq principaux clients du groupe ne représentaient plus que deux tiers de son chiffre d’affaires en 2013. En 2008, cette valeur s’établissait à 77 %.

Bien positionné pour aider les constructeurs dans leur chasse aux kilos et aux ­émissions

En outre, au-delà de ces réussites, deux facteurs semblent à même de perpétuer le succès de Plastic Omnium dans les années à venir. D’une part, le portefeuille de produits du groupe est bien placé pour retenir l’attention des constructeurs car il fait valoir un positionnement névralgique par rapport à l’enjeu de la réduction de masse des véhicules et par extension, la diminution de leurs émissions, le tout à un prix acceptable par le marché. En effet, le durcissement des normes relatives aux émissions concerne les principaux marchés mondiaux, obligeant les constructeurs à s’engager dans une véritable chasse aux kilos sur leurs nouveaux modèles et dans le développement de motorisations susceptibles de réduire les émissions de CO2 et de particules fines. Par exemple, le hayon en matière plastique, récemment développé par Plastic Omnium et qu’on trouve notamment sur le Range Rover Evoque, permet aux constructeurs de faire l’économie de neuf kilos, un bénéfice qui se traduit immédiatement en termes d’émissions de CO2. En outre, Plastic Omnium s’est focalisé sur des technologies qui sont en passe de devenir le mainstream sur les marchés matures, avec un éventail de produits allant des pièces composites aux motorisations. On en a une excellente illustration avec le SCR (Selective Catalytic Reduction), qui place Inergy, filiale de Plastic Omnium, parmi les acteurs majeurs de ce marché. Cette technologie permet aux constructeurs de réduire leurs émissions de NOx et sera l’une des clés pour assurer la conformité des moteurs Diesel avec les nouvelles normes en Europe comme sur d’autres marchés.

De belles perspectives en Russie et en Chine

D’autre part, Plastic Omnium est bien positionné pour capter une belle part de la croissance automobile mondiale à venir, croissance que nos analystes confirment pour les prochaines années dans leurs notes de prévisions. C’est principalement le résultat de la stratégie mise en œuvre par le groupe pour s’assurer une empreinte plus globale dans le monde, ce qui lui permet de s’implanter sur de nouveaux marchés et d’accompagner les constructeurs avec une bonne présence locale, donc une bonne proximité. Les lancements de produits mondiaux et leur production dans plusieurs usines réparties sur le globe tendent à devenir la norme dans l’industrie automobile, ce qui renforce l’importance, pour les fournisseurs, de l’aptitude à accompagner ces lancements sur plusieurs marchés, avec des solutions et des process similaires et des coûts compétitifs. En clair, cela signifie que les constructeurs vont naturellement se tourner vers des équipementiers qui peuvent faire valoir une présence locale dans différents marchés. Dans ce domaine, Plastic Omnium est bien mieux armé qu’il y a quelques années, ayant fait l’effort d’investir massivement pour développer son empreinte mondiale. Par exemple, l’ouverture de nouveaux sites industriels et la création d’une coentreprise avec l’équipementier russe DSK, font de Plastic Omnium un groupe très bien placé pour tirer profit de la croissance attendue, en production comme en ventes, en Russie pour les années à venir. De même, la prise de contrôle de l’usine Ford de Milan, dans le Michigan, en 2011, offre à Inergy une bien meilleure exposition sur le marché nord-américain. En fait, on ne peut pas raisonner uniquement en termes de capacité de production globale et l’aptitude à s’implanter localement, au plus près des besoins et des exigences des clients, a aussi beaucoup d’importance. Plastic Omnium a aussi ouvert un centre de développement en Chine, en 2013, afin de soutenir les lancements de sa division Auto Exterior (pièces et modules extérieurs de carrosserie) sur ce marché. Plastic Omnium estime que ces équipes devront accompagner pas moins de 50 lancements de programmes d’ici 2015, ce qui donne une indication sur l’engagement sans faille du groupe sur le marché le plus porteur de la planète pour l’industrie automobile.

Matteo Fini
(Traduit de l’anglais par Alexandre Guillet)

 


Fichier lié à l'article

Cet Article est extrait de
Pour le découvrir, cliquez ici
Ajouter un commentaire
 
Pour laisser un commentaire,  
 Inscrivez vous 
Plus d'articles
ZE : Renault veut garder un temps d'avance

Après la conversion à l'électrique de la quasi-totalité des constructeurs de la planète à plus ou moins longue échéance, l'Alliance Renault-Nissan, qui reste l'un des pionniers en la matière,

Une reprise de plus pour By my Car !

Le groupe dirigé par Jean-Louis Mosca et Jérôme Gerbier s'empare d'Auto Losange, distributeur Renault-Dacia dans la banlieue de Grenoble.

T3 : chiffre d'affaires en forte hausse pour Renault

Fort du succès rencontré par ses nouveaux modèles et par la bonne tenue de ses ventes en Europe, Renault voit son chiffre d'affaires progresser de 13% lors du troisième trimestre.

Résultats en baisse pour PSA au 3e trimestre

Confronté à des taux de change défavorables et au vieillissement de ses gammes, le constructeur tricolore voit son chiffre d'affaires reculer de 5% lors des trois derniers mois.

Mercedes a dévoilé son pick-up

Fruit de la collaboration entre Daimler et l'Alliance Renault-Nissan, le pick-up Mercedes sera lancé d'ici la fin de l'année 2017.

Exclusivité JA : Le futur des technologies automobiles selon Deloitte

Une étude réalisée par Deloitte démontre que l'intérêt des Français pour le véhicule autonome est en baisse et qu'ils ne sont pas nécessairement prêts à bourse délier pour toujours plus de technologies.

 
Accès direct au menu Accès direct au contenu de la page