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Renault Twingo : Un retour en grâce ?

Renault Twingo : Un retour en grâce ?

Après une première génération iconique suivie d’une deuxième sans réelle personnalité, Renault était très attendu sur cette troisième Twingo. Parti d’une feuille blanche, avec son partenaire Daimler, le Français a complètement redéfini sa mini-citadine. Finalement, de Twingo, il ne reste que le nom.

Twingo es-tu là ? On n’est pas loin d’une séance de spiritisme pour tenter de savoir si l’esprit de la Twingo originelle a bel et bien élu domicile dans ce troisième opus. En tout cas, Renault a tout fait pour que ce soit le cas. Dans la communication du moins (voir FOCUS La Twingo redevient Dingo !). Car, au-delà de cette filiation historique, plus rien ne peut être comparé. Mais cela n’empêche en rien cette Twingo 3 d’être une citadine qui a retrouvé sa “bonne bouille”, maligne, futée et sans doute promise à un beau succès. Un succès que Jérôme Stoll, le directeur commercial du groupe Renault, veut davantage tourné vers l’international. Pour ceux qui ont un peu de mémoire, “séduire davantage hors de France” était l’un des arguments pour justifier le manque de caractère, le côté “passe-partout” de la Twingo 2 que Renault avait lancée en 2007. Mais passons, revenons à 2014, à cette Twingo troisième du nom qui, techniquement, fait table rase du passé.

Table rase du passé

Dès l’avant-projet, les ingénieurs de Renault se sont posé la question d’une architecture “tout à l’arrière”. Cela faisait sens sur ce segment des mini-citadines, mais l’équation économique d’un programme totalement nouveau (plate-forme, moteurs, trains roulants, etc.), qui dépasse bien souvent le milliard d’euros, ne pouvait être résolue par les seuls volumes du Français. Heureusement, rapidement, Daimler, qui aujourd’hui partage pas moins de 10 projets avec l’Alliance Renault-Nissan, est entré dans la danse, dans l’optique de relancer smart. L’architecture propulsion avec moteur à l’arrière a donc été validée, et les deux constructeurs ont lancé ce programme commun. Ali Kasaï, le directeur du programme petites voitures chez Renault, nous en apprend davantage sur le déroulement de ce projet (lire l'entretien). Après cinq années de travail, la Twingo est sur les routes (les smart arriveront en novembre) et Renault renoue ainsi avec la large diffusion d’un modèle propulsion. Il faut remonter à l’après-guerre avec la 4CV et dans les décennies suivantes aux Dauphine, R8 ou R10. Certes, il y aura ensuite la R5 Turbo, le Spider ou la Clio V6, mais qui tiendront plus de l’artisanat dédié au sport. Avec cette Twingo, il n’est pas vraiment question de sport. En effet, ceux pour qui propulsion rime avec glissade devront passer leur chemin, car le véhicule affiche un comportement neutre où l’ESP interdit quasiment tout mouvement. Elle n’est pas faite pour ça, même si ses suspensions relativement fermes peuvent le laisser croire, et ses mécaniques ne sont pas davantage taillées pour cela. Faut-il alors attendre une Twingo RS, d’autant qu’une smart Brabus semble déjà programmée ? Une variante plus sportive est à attendre, selon Renault, mais pas forcément badgée Renault Sport.

Twingo des villes et Twingo des champs

Cette Twingo cache deux mécaniques 3 cylindres quasiment nouvelles sous le plancher de son coffre. En effet, bien que le 0.9 TCe 90 ch soit monté sur les Clio, Captur ou Sandero, ici, du fait de son implantation sur le train arrière, 50 % des pièces ont dû être revues car le bloc, pour rentrer dans l’étroit logement, a été incliné à 49°. En revanche, le petit moteur 1.0 atmosphérique de 71 ch est nouveau, bien que dérivé de son compère suralimenté. Deux offres complémentaires puisque, si le TCe brille en milieu péri ou extra urbain, le SCe a choisi la ville pour terrain de jeu favori. Très ronde, douce et sans aucuns à-coups, avec 80 % des 91 Nm de couple disponible dès 1 000 tr/min, cette petite mécanique sera sans doute la plus prisée. Le TCe, plus puissant et donc plus à son aise hors des limites de la cité, se montre bien moins agréable en conduite urbaine. Cependant, il devrait énormément gagner en agrément avec l’arrivée en 2015 d’une boîte à double embrayage. Dans les deux cas, ces deux moteurs se font très discrets. Une discrétion notamment due à l’éloignement de la mécanique car si, à l’avant, le silence est d’or, aux places arrière la sonorité caractéristique du trois cylindres est présente, mais il n’y a absolument rien de rédhibitoire. Ces deux mécaniques développées par les hommes de Renault, qui animeront aussi les smart, sont produites dans l’usine Dacia de Pitesti, où 450 000 blocs peuvent sortir annuellement des chaînes. Ensuite ils prennent la route vers Novo Mesto, en Slovénie, pour les Twingo et Forfour (voir FOCUS Les usines de la Twingo) et Hambach, en France, pour la Fortwo.

Maniabilité et connectivité

Cette nouvelle architecture a encore d’autres conséquences heureuses. Ainsi, avec deux portes supplémentaires et une longueur totale inférieure de 10 cm (3,59 m) par rapport à sa devancière, cette Twingo offre un empattement en hausse de 12 cm, mais aussi 23 cm de plus dans l’habitacle et 10 cm supplémentaires en profondeur de coffre. Malheureusement, cet espace gagné ne se perçoit pas vraiment ailleurs qu’aux places avant. En effet, le coffre oscille entre 188 et 219 dm3 selon la position du dossier de la banquette arrière, et les places arrière justement, bien que raisonnables pour ce segment et plus pratiques grâce aux deux portes supplémentaires, ont perdu ce qui faisait la force d’une Twingo. En effet, exit la banquette ou les sièges coulissants. Ici, elle est fixe, raide et, de plus, les passagers arrière ne voient absolument rien à cause des sièges avant aux appuie-tête intégrés. L’habitacle justement, malgré les réserves précédentes, est plutôt de bonne facture mais, surtout, la petite Renault y cache d’autres atouts. Il y a naturellement de nombreux rangements (52 l) et l’accès à la connectivité avec le système R-Link Evolution et une offre baptisée “R&Go”. Celle-ci permet notamment, une fois une l’application R&Go téléchargée, de brancher son smartphone pour disposer d’une navigation dont la cartographie est intégrée au téléphone (donc sans besoin de connexion à l’étranger), d’une fonction lecture de SMS, de la Web radio, mais aussi de faire remonter des informations de la voiture et ainsi pouvoir afficher un compte-tours. Au chapitre des équipements, la Twingo fait aussi le plein avec notamment une alerte de franchissement de ligne et l’aide au démarrage en côte. Si l’habitabilité ou les équipements peuvent prêter à discussion, il existe en revanche un domaine où cette nouvelle Twingo n’est pas critiquable. Il s’agit de sa maniabilité. Elle peut même être couronnée reine de la catégorie. Sa direction, débarrassée de la mécanique et des transmissions, fait des merveilles. En effet, elle autorise un angle de braquage des roues de 45° au lieu de 30° précédemment, ce qui lui permet d’exécuter un demi-tour entre deux trottoirs en seulement 8,59 m.

La France, l’Europe et peut-être au-delà

Jérôme Stoll, le directeur commercial du groupe Renault, vise en France une part de segment de 27 à 30 %, ce qui pourrait représenter environ 45 000 unités sur un segment estimé à 150 000 unités. Un volume largement réalisable au regard de l’année 2013 où 39 000 unités ont encore été immatriculées dans l’Hexagone. La barre symbolique des 100 000 unités, franchie en 1995, 1996 et 2009, ne sera sans doute plus d’actualité car l’environnement a changé. La Twingo compte aujourd’hui pas moins de 23 concurrentes alors qu’elles étaient seulement 5 en 1994 ! Si le défi du leadership français devrait être relevé sans difficulté, Renault souhaite être davantage performant à l’échelle de l’Europe. En effet, il faut noter que, sur l’année 2013, quand la France représentait 39 000 unités, le reste des marchés européens écoulait “seulement” 38 600 unités. Plus de 50 % des ventes sont donc réalisées dans le seul Hexagone. Mais Jérôme Stoll se montre confiant (lire l'entretien) et se plaît à imaginer une carrière encore plus lointaine. En effet, la région Asie-Pacifique pourrait être un nouveau débouché, mais sans une volonté absolue de volumes. En effet, pour lui, cette Twingo pourrait, dans un premier temps, servir l’image de Renault sur de nouveaux marchés avant, à moyen terme, d’effectivement envisager des volumes plus conséquents.

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EN BREF - La Twingo

Date de lancement

11 septembre
Segment de marché
Segment A
130 000 immatriculations en France en 2013 (-10 %)
Objectif
27 à 30 % du segment
Principales concurrentes de la Twingo SCe 70 Zen : 12 300 €
• Fiat Panda 1.2 69 ch Easy : 11 540 €
• Citroën C1 1.0 VTi 68 Feel 5p : 12 350 €
• Toyota Aygo 1.0 VVT-i 69 ch x-play : 12 400 €
• Peugeot 108 1.0 VTi Active Top 5p : 12 950 €
• Smart Forfour 71 ch Passion : 13 700 €
• Fiat 500 1.2 69 ch Lounge : 14 250 €
Prix
de 10 800 à 14 300 €

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FOCUS - Les usines de la Twingo

Aujourd’hui slovène, la Twingo a toutefois débuté sa carrière industrielle en France, au cœur de l’usine de Flins, dans les Yvelines. Un site sorti de terre en 1952 et spécialiste des petites Renault, de la Dauphine à la Clio, en passant par les R4, R5 ou Super 5.

Les premières Twingo sont sorties de Flins en 1993. La deux millionième tombera des chaînes en février 2006. Le chapitre Twingo à Flins sera définitivement fermé le 28 juin 2007, lorsque le dernier modèle fut produit. La deuxième génération, apparue la même année, a pris la direction de l’usine slovène de Novo Mesto, comme la troisième génération présentée aujourd’hui. Accord avec Daimler oblige, la nouvelle Smart Forfour, qui partage 70 % de ses pièces avec la petite Renault, sortira également de cette usine où les deux constructeurs, mais aussi leurs fournisseurs ont investi au total 450 millions d’euros. Ce site, qui produit encore quelques Clio 2, dispose d’une capacité d’environ 200 000 unités annuelles pour cette nouvelle doublette. Si le succès est plus important que prévu, la cadence pourra atteindre 250 000 unités. En attendant d’éventuellement atteindre ce chiffre, 83 630 Twingo ont été produites dans l’usine slovène en 2013, dont plus de 39 000 ont été vendues en France. Le “meilleur score” date de 2009 avec 182 390 unités, dont 107 360 avaient pris le chemin de l’Hexagone. La troisième meilleure année du modèle toutes générations confondues.

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FOCUS - La Twingo redevient Dingo !

Dingo a rajeuni de vingt-deux ans. En effet, comme en 1993, le photographe a tiré le portrait de la Twingo. Il est donc logique que l’on retrouve des mises en scène connues, comme en témoignent les photos ci-dessous. En faisant appel à lui, Renault affirme encore un peu plus la filiation de sa nouvelle citadine avec la Twingo originelle. Une première génération qui a vraiment marqué son temps et qui aura séduit 2,4 millions de clients durant ses quatorze années de carrière. La Twingo 2, apparue en 2007, totalisera quant à elle 900 000 exemplaires. En France, le parc roulant de Twingo atteint encore 1,3 million d’unités.
 


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