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Porsche Cayman S : Le chaînon manquant

Porsche Cayman S : Le chaînon manquant

Entre le Boxster et la 911, il fallait, pour Porsche, que le modèle qui réconcilie le stylisme de la marque à la sportivité du genre s'affranchisse du mythe 911 et affirme son identité. Le Cayman S et ses 295 chevaux se plient volontiers à l'exigence. Aperçu. Prendre la place...

...du milieu dans une famille de trois enfants n'est pas toujours chose aisée. Surtout quand le grand frère a tellement marqué de sa personnalité la parentèle et que le petit dernier a conquis le reste des amis parce que facile, abordable et jamais en peine de prêter son nom à bien des rêves exaucés. Difficile alors de s'affirmer, à moins de prendre aux uns et autres ce qu'ils ont de mieux et d'offrir le visage volontaire et farouche de celui qui a les atouts en mains et qui sait s'en servir. Le Cayman a cette vocation. De perpétuer la race en endossant une sportivité dont la 911 lui a ouvert la porte, en affichant une ligne si Porsche et si personnelle à la fois, et en libérant, par sa puissance, son équipement et sa technologie, ce qui laissait cet arrière goût de frustration de la Boxster. Le dernier coupé sport de Porsche transforme le trait d'union en touche de noblesse et donne son sens à la notion de gamme. Et de famille. Le Cayman devrait être, en effet, décliné en différentes versions.

Une âme de conquérante

Parce qu'entre deux, le coupé doit conquérir de nouveaux clients comme le souligne Detlev Von Platen, directeur général de Porsche France : "Cayman S devrait tenter une clientèle plus jeune, cherchant un véhicule unique. C'est une voiture plus sportive, plus "rebelle", plus urbaine… La

LE CAYMAN S EN BREF

  • Segment de marché : Coupés Sport
  • Ses concurrents : Nissan 350 Z, V 6, 280 ch, 3,5 : 34 900 euros. Audi TT, 3,2 Quattro, V6, 250 ch : 43 320 euros. Lotus Exige, 4 en ligne, 192 ch, 47 000 euros.
  • Objectifs de vente : 700 exemplaires Cayman S + Boxster. (En 2005, 390 Boxster vendus)
  • Prix en euros : 61 078
  • marche entre Boxster et 911 n'avait pas encore été franchie, Cayman S devrait y arriver". Et pour ce faire, il s'est donné les atouts indispensables. D'abord, un design accrocheur, plus volontaire, plus mordant. En atteste un travail très intéressant sur les ouïes de l'animal : trois ouvertures en face avant, une double sortie d'échappement qu'enserrent deux nouvelles ouvertures apportant ce zeste de sombre qui inquiète et fascine à la fois. L'effet est renforcé par l'évasement des ailes et le fait qu'elles soient surélevées, façon musculature sculptée en finesse suggérant la puissance plutôt que l'imposant. Toujours dans cette thématique, les ouïes ciselées sur les côtés du coupé ajoutent à l'agressivité maîtrisée de la voiture et servent aussi, faut-il le dire, d'alimentation en air de refroidissement dans le compartiment moteur côté droit, et en air d'admission, côté gauche. Enfin, le Cayman est doté d'un aileron rabattable en dessous de 80 km/heure et qui se pavane de 80 mm dès que la vitesse dépasse les 120 km/h, de là à dire que c'est un avion, quoique…

    Une motorisation bien calée

    Avec quelque 295 chevaux, le coupé l'emporte d'une quinzaine sur le Boxster sans vergogne tout en s'appuyant sur un nouveau six cylindres à plat de 3,4 litres de cylindrée offrant un couple de 340 Nm de 4 400 à 6 000 tr/mn. Et qui s'entend. Qui s'écoute, n'en déplaise aux aficionados des voitures rouges. Son bruit caractéristique vient du système d'admission variable avec répartiteur bi-flux, ce qui autorise une polyphonie en fonction des régimes. Cela permet aussi, (accessoirement !) en bas régime, de bénéficier d'un réel agrément. A noter que l'aérodynamique se porte mieux que sur le Boxster grâce à un coefficient de pénétration dans l'air de 0.29. Mais ce qui apparaît majeur, tant au niveau du design qu'il inspire qu'au niveau de la stabilité et de la fonctionnalité, c'est la position du moteur au centre du véhicule, inhabituel pour un coupé. Et si l'on y ajoute la rigidité d'un toit et un réglage plus ferme des ressorts, des amortisseurs et des barres antiroulis, le comportement routier s'en sort grandi. Le Cayman tolère et pardonne quelques excès de confiance éhontée des apprentis pilotes dans les virages retors.

    Un peu de sport en plus…

    On peut se targuer d'être un bon conducteur, lorsqu'on s'empare d'une 911, le hasard ne pardonne pas au prétentieux. Le Cayman, plus puissant que le Boxster, se laisse emporter dans l'expression d'un vrai plaisir de conduite tout en opposant une sécurité accrue. Par le toit certes, par la suspension également et aussi par les tout derniers équipements de série - il faut en profiter tant les options sont nombreuses et, il est vrai, onéreuses - comme le PSM. Le régulateur PSM comprend les fonctions ABS, ASR, MSR (régulateur du couple résistant du moteur) et ADM (régulation différentielle antipatinage). Associé à une direction à crémaillère à démultiplication variable "c'était attendu et c'est bienvenu", dixit Detlev von Platen, le régulateur apporte la liberté de conduite qu'on espérait sur ce type de modèle. Il est alors possible de bien se caler sur ses jantes de 18'', de penser aux disques de frein ventilés de 24 mm d'épaisseur, et bien sûr de se rappeler les précieux conseils délivrés, pour la modique somme de 415 euros, par l'école de conduite Porsche (Porsche Driving Experience), pour se faire un 0 à 100 km/h en 5.4 secondes ! Puis de jouer les gentleman driver dans les virages des Baux ou de Monte Carlo en s'appuyant sur les 6 vitesses d'une boîte mécanique, qui se passent de commentaires mais avec une fermeté de bon aloi, et en se félicitant que la garde au toit ait été élevée pour laisser libre et nature la chevelure de la passagère. Une passagère qui aurait aimé avoir une poignée au niveau du montant droit. A moins que le conducteur ne soit justement Madame, Porsche attirant de plus en plus une clientèle féminine à laquelle un peu de sportivité sourit. Bref, une belle auto qu'on achèterait plus souvent s'il ne fallait pas commencer par débourser plus de 60 000 euros.

    Hervé Daigueperce

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