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Philippe Buros, Renault :

Philippe Buros, directeur du commerce France du groupe Renault.

Philippe Buros, Renault : "2019 sera l'année de l'électrique"

Pour le directeur du commerce France de Renault, l'année 2019 se présente sous de bons auspices après un bilan 2018 flatteur pour le groupe et un régime basé sur des ventes saines pour la marque au losange.

Le groupe Renault affiche 406 222 immatriculations en 2018 (+2,5 %) et une part de marché de 25,2%. Si Dacia réalise une belle performance (+19,1 %) et 140 326 unités), Renault recule de 2,5 % à 547 704 véhicules. Philippe Buros, directeur du commerce France du groupe Renault revient sur l'année 2018 et surtout dresse les perspectives de 2019.

 

La marque Renault perd un peu de terrain (-2,5 %) notamment à cause de la baisse des immatriculations tactiques. Comment évolue sa rentabilité ?

En théorie, la rentabilité du réseau devrait être bonne et se situer a minima au même niveau qu'en 2017. Elle sera même en amélioration puisque l'année dernière, les opérateurs ont dû réaliser de nombreux investissements. Fin 2019, toutes les affaires d'ailleurs respecteront les nouvelles normes au niveau des façades extérieures. Les zones à thèmes, à l'intérieur, restent inchangées. Seules quelques nouveautés apparaîtront au cours de cette nouvelle année. Plus de la moitié des concessions affichent désormais le nouveau concept.

 

Allez-vous continuer à réduire votre part d'immatriculations tactiques et comment allez-vous l'ajuster ?

Nous resterons dans les mêmes niveaux en 2019 qu'en 2018. Le problème est que les immatriculations tactiques représentent quelques centaines de milliers de voitures en France et il ne faut pas complètement oublier ces canaux sous peine de perdre pied. C’est aussi une réponse aux mandataires.

 

Le marché des particuliers a progressé de 3,9 % en 2018 mais ne craignez-vous pas, en 2019, une baisse à cause notamment des incertitudes qui pèsent sur les automobilistes quant aux interdictions de circuler dans certaines villes ?

Sur le marché des particuliers, il ne faut pas négliger le fait que la prime à la conversion nous a bien aidés. Les chiffres en hausse des segments A et B peuvent en témoigner. Cette prime est reconduite l’année prochaine et il faut bien reconnaître que le système d’aide du gouvernement est "sympathique" et profite bien aux petits segments. Sur les changements d’énergie, il faut déjà noter qu'en 2018, Renault a immatriculé plus de 17 000 Zoé dont plus de 6 000 uniquement au dernier trimestre. Ramené à une année pleine, cela nous amène à un rythme de plus de 24 000 immatriculations, ce qui portera Zoé à 1 % du marché total. 2019 sera l’année de l’électrique.

 

Comment WLTP a-t-il bouleversé le marché dans la seconde partie de l’année ?

Cela a renchéri le prix des voitures car plus le réglementaire augmente dans les voitures, plus leur prix croît. Cette situation va changer beaucoup d’habitudes et pousser les consommateurs à regarder ce qui motive déjà les segments des professionnels c’est-à-dire le TCO. Mais cela reste très compliqué car une même voiture peut avoir plusieurs niveaux de malus selon ses équipements. Donc, il faut des bons logiciels de présentation aux clients. Mais plus encore que WLTP, ce sont surtout les limites d’émissions de CO2 imposées par Bruxelles qui risquent de modifier la donne. Sans électrique, les constructeurs auront des difficultés. Heureusement, Renault a fait ce choix il y a bien longtemps. Les nouveaux venus sur cette motorisation devront également apprendre à vendre d’une autre manière les véhicules. Tous les vendeurs du réseau Renault pourront vous le dire : l’électrique nécessite une courbe d’apprentissage.

 

Le client qui n’a pas forcément une vision claire de son prochain achat, nouvelles normes obligent, ne va-t-il pas pousser vers un financement en LOA augmentant le risque sur les valeurs des véhicules diesel ?

Pour l‘instant, nous ne voyons pas de vrais risques. La rotation du stock a un peu augmenté mais si la décroissance des ventes de diesel est régulière dans le VN, nous vivrons la même tendance dans le véhicule d’occasion. D’autant qu’aujourd’hui, nous n’avons pas assez d’offres en essence pour compenser. Aujourd’hui, personne n’a intérêt à faire chuter les VR des diesels : ni les constructeurs, ni le réseau et encore moins les banquiers pour qui le risque est encore plus grand.

 

Les hybrides ont fortement progressé sur le marché en 2018 (+30,4% et 4,9% de part de marché. Quelle sera la future offre Renault sur cette motorisation ?

D’ici 2020, Renault aura trois modèles proposés en hybride Clio (en full hybride), Captur et Megane en PHEV. Cela fera partie des solutions que nous intégrerons à la gamme.

 

Renault Mobility vient de signer un contrat pour la ville de Nice. Comment se déploie cette offre ?

Nous mettons effectivement à la route pas mal de véhicules dans le cadre de Renault Mobility. Le dernier en date concerne la ville de Nice et une cinquantaine de véhicules), Moov’in Paris en fait également partie et cela concerne 500 voitures. Nous avons déployé le service dans la ville de Caen. La ville de Rouen teste une Zoé en véhicule autonome… Entre Moov’in Paris et Marcel, près de 700 Zoé stickées circulent dans la ville de Paris. D’autres contrats sont en cours de discussion. Notre volonté est de connecter tous les business. Plusieurs solutions existent et doivent cohabiter au sein d’une même offre (vélos, transports en commun,…). Nous devons arriver à connecter ces modes de transport à notre réseau qui sera soit fournisseur de véhicules, soit opérateur et c’est le cas de Nice puisque c’est RRG Nice qui opère.

 

Vous venez également d’investir dans Carizy, une start-up qui met en relation des particuliers pour le rachat de VO. Qu’en attendez-vous ?

Nous avons effectivement fait un investissement dans Carizy avec l’idée de regarder ce qu’est ce marché et le moyen de ramener des clients vers le réseau également. Cela vient en complément de l’offre de reprise VO que le réseau propose. Notre outil "trading to store" nous permet d'ailleurs d’augmenter notre volume de reprise et à un prix plus élevé.

 

Le marché des sociétés a été fortement chahuté notamment à cause du manque de lisibilité des normes d’homologations. Comment envisagez-vous l'année 2019 sur ce segment de marché ?

Le premier semestre a été fort et la seconde partie de l’année a été plus compliquée. Maintenant que les données sont claires pour le véhicule particulier, cela devrait repartir. Mais pour le véhicule utilitaire, nous allons revivre les mêmes ennuis puisque cette année arrivent les normes WLTP VU… Les sociétés devront anticiper également ce changement de donne.

 

Dacia, avec 140 326 immatriculations en 2018 (+19,1 %), ne vient-elle pas cannibaliser Renault ?

Peut-être y-a-t-il un peu de concurrence entre Clio et Sandero mais je n’en suis même pas certain car les clients restent totalement différents. Dacia progresse de plus de 20 000 véhicules sur un an et nous sommes même passés, au cumul de l’année, devant Volkswagen en immatriculations VP avec 13 véhicules et devant Citroën en ventes aux particuliers. C’est un signe ! Le business model se tient toujours parfaitement.

 

Sur quels produits allez-vous compter en 2019 ?

La nouvelle Clio qui va arriver en milieu d’année et surtout une grande évolution de notre offre moteurs, dont celui (essence) qui est proposé sur le nouveau Kadjar dont la commercialisation va démarrer. Nous allons également pousser à fond l’électrique.

 

Retrouvez les immatriculations de Renault en 2018 ici

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