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PSA : Trémery passe à l'électrique

En attendant les ateliers de la JV Nidec PSA emotors sur le site de Trémery, une ligne de production est déjà en place et produira 120 000 moteurs électriques en 2020.

PSA : Trémery passe à l'électrique

Alors que les premiers modèles à batterie de PSA sont dans les starting-blocks, l'appareil industriel du français s'adapte logiquement à ces nouvelles offres. Le site de Trémery, champion des blocs thermiques, ajoute maintenant les électriques à ses domaines de compétences.

 

Longtemps reine des mécaniques Diesel, l'usine de Trémery, près de Metz, s'est adaptée et continue de le faire avec l'arrivée dans ses murs de la première ligne de fabrication de moteurs électriques du groupe PSA. En 2018, le site fêtant son 40e anniversaire a fabriqué, à raison d'un moteur toutes les 30 secondes, 1,768 million d'unités, dont 1,219 million de Diesel et 549 000 essence. Le bloc essence EB (3 cylindres 1.2) a représenté 31 % de la production en 2018 et il devrait s'adjuger 37 % en 2019. Les bloc Diesel ne cessent de perdre du terrain comme en témoigne la réduction de production de 5 000 à 2 500 unités par jour du bloc 2.0 HDi.

 

Les moteurs essence occupent donc de plus en plus de place à Trémery mais les moteurs électriques vont eux aussi y prendre plus d'espace. Comme un symbole, la production de la JV Nidec PSA emotors va prendre ses quartiers dans un bâtiment anciennement consacré à des blocs Diesel. En attendant, les productions de la JV, la première ligne d'assemblage de moteurs électriques sur le site est opérationnelle.

 

120 000 moteurs électriques produits en 2020

 

Désigné comme un élément majeur de l'électrification de PSA en février 2017, le site mosellan produit ses premiers moteurs électriques (avec des composants achetés à des fournisseurs comme Continental) depuis la mi-mars. La montée en cadence est progressive avec, la semaine de notre visite, 20 exemplaires par jour. La production maximale de la ligne installée devrait être atteinte fin 2019-début 2020 avec une production journalière de 230 unités avec 4 équipes. Ainsi, Marc Bauden, le directeur du pôle Trémery-Metz, estime que 15 000 moteurs seront produits en 2019 avant de viser 120 000 en 2020. La capacité sera ensuite portée à 180 000 unités par an en 2021.

 

Pour installer cette nouvelle production, PSA a investi 7,2 millions d'euros et a fait appel, pour la première fois, à un fournisseur indien pour créer la ligne. L'occasion de faire une économie de près de 30 % par rapport aux fournisseurs habituels. Pour arriver aux 180 000 unités par an promises en 2021, PSA va encore injecter 2,8 millions d'euros et ainsi porter l'enveloppe "investissement industriel" à 10 millions d'euros. L'investissement global, en 2018, sur le site de Trémery a été de 21 millions d'euros.

 

Avec trois fois moins de pièces et 30 à 40 % de main d'œuvre en moins, l'arrivée du moteur électrique à Trémery fait toutefois naître quelques craintes au sujet de l'emploi. Yann Vincent, directeur industriel et supply chain de PSA, l'assume et affirme que PSA sera capable de gérer cet impact. La bascule du Diesel vers l'essence a déjà impliqué des redistributions de postes et il en sera sans doute ainsi avec la montée en puissance de l'électrique. La gestion de la pyramide des âges, avec une moyenne de 48 ans sur le site, sera également un levier.

 

Une gamme de moteurs électriques

 

Ce premier pas électrique à Trémery va en appeler un autre dès 2022. En effet, à cette date, la JV Nidec PSA emotors va débuter la production de ses moteurs électriques sur le site. La JV, dans laquelle 220 millions d'euros vont être investis par les deux partenaires, vise une production de 900 000 moteurs électriques par an en 2025 avec un effectif de 400 personnes. Un chiffre qui ne tient quasiment compte que des besoins du client PSA, selon Alexis Coron, COO de Nidec PSA emotors, qui a indiqué être en négociation pour fournir d'autres constructeurs. Une signature pourrait même intervenir d'ici la fin de l'année.

 

A partir de 2021, emotors va donc produire 4 moteurs électriques pour répondre à toutes les possibilités. Ainsi, les moteurs baptisés M1 et M2 seront destinés aux technologies MHEV et PHEV. Le M1, d'une puissance de 15 kW et 55 Nm de couple, sera intégré à la boîte dans un schéma d'hybridation traditionnelle. Le M2, de 92 kW et 115 Nm, sera un maillon essentiel des futures hybrides rechargeables (PHEV). Sa production débutera fin 2022. Enfin, le M3 (105 kW et 270 Nm) et le M4 (170 kW et 400 Nm) serviront les véhicules 100 % électriques mais aussi des PHEV.

 

Pas seulement Trémery

 

Le plan est clair et le travail des 80 employés de la société va bon train. Dès la fin de cette année, il sera l'heure du prototypage, puis viendra l'installation des ateliers dans le bâtiment numéro 2 de Trémery et ses 38 000 m2, avant que la production trouve sa pleine cadence début 2022.

 

A l'image de Sochaux qui a évolué pour accueillir les futurs modèles PHEV, de nombreux sites entrent dans une nouvelle ère. Ainsi le site de Metz, spécialisé dans les boîtes (4 560/jour ; 991 000 unités en 2018), va lui aussi goûter à l'électrification grâce à un investissement de 11,7 millions en 2018. En effet, en plus des boîtes manuelles, il va produire, à partir de 2022, une boîte double embrayage qui accueillera le moteur M1 de Nidec PSA emotors.

 

Quant au site de Valenciennes, il s'est vu attribuer la fabrication des réducteurs pour les véhicules électriques. Enfin, le site de Trnava en Slovaquie, qui va produire la nouvelle 208 et sa variante électrique, s'est vu confier l'assemblage des batteries. PSA n'exclut pas que la production des batteries, en fonction des volumes de ventes, puisse aussi se rapprocher des usines d'assemblages comme par exemple en Espagne, à Saragosse, où sera fabriquée la e-Corsa.

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