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Quel serait l'impact du malus déplafonné en France ?

Quel serait l'impact du malus déplafonné en France ?

Lors de la journée de la filière automobile, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a confirmé la mesure de déplafonnement du malus pour les véhicules particuliers émettant plus de 172 g. Mais dans les faits, quelle part des ventes pourrait être touchée ?

 

La rumeur qui courait depuis quelques semaines a été confirmée hier, à l’occasion de la journée de la filière automobile. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire y a annoncé le déplafonnement du malus pour les véhicules émettant plus de 172 g/km de CO2, le seuil instauré par la grille actuelle et celle qui entrera en vigueur au premier janvier prochain jusqu'au 1er mars 2020. "Garder le même montant de malus au-delà de 172 g de CO2 est totalement injustifiable pour les Français qui font des efforts en faisant des acquisitions de voitures plus propres. D’ailleurs, aucun de ces véhicules ne sont construits en France et cela ne pénalisera pas l’industrie française", a justifié le ministre de l’Economie. Les recettes de ce déplafonnement sont estimées à 50 millions d’euros dont l’intégralité devrait aller aux sous-traitants automobiles français.

 

Seulement, quelle est la part des véhicules particuliers neufs vendus en France qui serait donc pénalisée par ce malus étendu, dont l’échéance d’entrée en vigueur n’a d'ailleurs pas été précisée ? Selon les données fournies par AAA Data, sur les 11 premiers mois de l’année, ce sont 16 752 véhicules rejetant plus de 172 g/km de CO2 qui ont été immatriculés en France. Au regard des 2 003 086 VP neufs écoulés, ces modèles ne représentent ainsi que 0,84 % du total. Dans le détail, environ 6 400 VP neufs immatriculés sur les 11 premiers mois de l’année faisaient partie de la tranche 173 – 198 g, un volume équivalent, à quelques dizaine d’unités près, pour la tranche 190 – 209 g/km.

 

 

Ces deux tranches représentant ainsi le plus gros du bataillon des véhicules qui pourraient être frappés par le déplafonnement du malus. Au-delà de ce grammage de 209 g/km, les volumes se font beaucoup plus modestes. A noter que cette proportion de véhicules concernés par ce malus déplafonné tend à légèrement s’accroître depuis 3 ans puisque, en 2017, le volume de VP neufs émettant plus de 172 g de CO2 s’est établi à 14 925 unités, puis 14 325 en 2018. Des volumes toutefois synonymes de proportions tout à fait confidentielles dans les immatriculations totales, soit 0,71 % en 2017 et 0,7 % en 2018.

 

Les constructeurs relativisent

 

L'impact de ce malus étendu ne semble en tout cas pas effrayer les marques les plus susceptibles d’être concernées en France, les premium et les spécialistes. Et ce, pour deux raisons : non seulement leurs modèles potentiellement pénalisés ne représentent qu’une très faible part de leurs ventes totales, mais aussi parce que leur gamme se pare de plus en plus de puissants modèles électrifiés qui permettront de contourner cette nouvelle taxe. "Pour la marque BMW, cela présente une part marginale de notre portefeuille en France, car les modèles concernés sont les BMW M, et certains modèles de la gamme BMW M Performance- mais pas tous-, ainsi que les V8, sur Série 7 et Série 8 par exemple. En volume, cela représente environ 3 % des immatriculations de la marque en 2018 et 2019, à date", nous explique ainsi Pierre-Alexandre Cornillon, à la communication produit BMW.

 

Même son de cloche chez Jeep par exemple, où le nombre de modèles impactés reste aujourd’hui très limités, soit le Wrangler et le Grand Cherokee, respectivement vendus à 128 et 50 unités. Ces deux véhicules ont ainsi représenté 1,69 % des 10 534 immatriculations totales à fin novembre. Une proportion déjà quasiment similaire en 2018 avec 230 unités sur un total de 13 194 VP. "L'impact du déplafonnement du malus -s’il est voté car ce n'est pas encore confirmé- en 2020 ne touchera qu'une partie de la gamme Wrangler puisqu'au second semestre, nous aurons la version PHEV, présentée au salon de Genève et dont l'impact CO2 devrait être neutre en termes de malus, souligne Phillippe Maury, responsable communication de la marque. Le Grand Cherokee n'est plus disponible qu'en stock, il ne devrait plus y en avoir en 2020. La prochaine génération devrait être bientôt présentée. Cette annonce ne nous inquiète pas puisque Jeep va avoir dans sa gamme trois modèles PHEV en 2020. Les prévisions pour l'année prochaine se feront essentiellement sur Compass et Renegade", conclut-il.

 

Une mesure contradictoire

 

A noter tout de même que le gouvernement, avec cette potentielle nouvelle mesure fiscale, se mettrait encore en pleine contradiction. Alors que, d'un côté, Bruno Le Maire, pendant cette même journée de la filière automobile, annonçait son intention de demander à Hervé Guyot, ancien patron de Faurecia, d'évaluer l'impact économique d'une relocalisation des usines automobiles en France, de l'autre côté, sa seconde grande annonce concernant le déplafonnement du malus ne ferait que renforcer la spécialisation des constructeurs français dans les petits véhicules de segments entrée de gamme... Petits véhicules qui, précisément, coûtent trop cher à produire en France et dont la fabrication est donc désormais systématiquement délocalisée dans des pays aux coûts de production moindres tels que l'Espagne ou encore le Maroc.

 

Il n'y a donc pas de quoi s'étonner que, selon le dernier rapport de l'Insee, la France ait été reléguée au cinquième rang européen des pays producteurs d'automobiles en 2016 en représentant 7,4 % de la production européenne totale en valeur. Pour rappel, en 2011, la France s'imposait comme le deuxième pays producteurs d'automobiles. Ainsi, le poids de la production automobile française a été réduit de moitié en Europe depuis 2000. Et cela ne risque donc pas, a priori, de s'arranger.

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