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Un tiers des entreprises des services automobiles en risque de faillite

Le CNPA demande une stimulation de la demande par des mesures "coups de fouet" qui permettrait de sauver un grand nombre d'entreprises du secteur des services dont 30 % d'entre elles s'estiment en risque de faillite.

Un tiers des entreprises des services automobiles en risque de faillite

Selon une enquête réalisée en mai 2020, par le CNPA sur l'impact de la crise, près de 30 % des entreprises des services de l'automobile seraient en risque de faillite, ce qui aboutirait à la disparition de 40 000 à 50 000 emplois dans le secteur.

 

Près de 30 % des entreprises des services de l'automobile se déclarent être en risque de faillite ! Un mois après la première enquête lancée par le CNPA sur l'impact de la crise du coronavirus et la fermeture des commerces, la situation des entreprises des servics de l'automobile s'est nettement dégradée. Si la reprise est amorcée depuis le 11 mai 2020, la crise a profondément affecté le moral des chefs d’entreprises, qui se montrent particulièrement inquiets pour leur avenir. 64 % d’entre eux estiment que la reprise sera lente et progressive, en particulier dans le secteur du commerce automobile (76 %) et de la location de véhicules (92 %). 

 

Dans ce contexte, plus de 60 % des entreprises envisagent de prendre des mesures financières et sociales pour leur exploitation, en particulier les concessionnaires (70%) et les loueurs de courte durée (92 %). 51 % d’entre elles envisagent de reporter leurs investissements, tandis que 39 % prévoient d’annuler totalement leurs investissements. Plus du tiers des entreprises envisagent un plan de restructuration, un plan social, voire des licenciements – elles sont plus de la moitié dans le secteur de la vente et de la distribution automobile.

 

Dans le commerce, la baisse d’activité avoisinait les 85 % pendant la période de confinement. L’arrêt total de la production industrielle et les fermetures contraintes des commerces ont provoqué une chute brutale des ventes de véhicules et un effondrement du marché. En dépit de la réouverture des concessions le 11 mai, et la levée des restrictions de déplacements, les effets de la crise s’annoncent durables.

 

Au bout d’une semaine de reprise, il est constaté une fréquentation modeste dans les concessions automobiles, que ce soit pour la vente de véhicules d’occasion ou de véhicules neufs : les commandes de véhicules d’occasion restent faibles, en dépit des stocks très importants et des offres qui sont faites par les professionnels ; d’importantes disparités existent en matière de vente de véhicules neufs, notamment en fonction des régions, avec une meilleure situation cependant en Ile-de-France.

 

Une fréquentation plus soutenue est à constater dans le secteur de l’entretien-réparation, avec l’impératif d’entretien du parc automobile après la période de confinement. Les carnets de commande sont remplis jusqu’à début juin, mais les règles sanitaires mises en place ralentissent cependant le nombre d’entrées en atelier.

 

Au total, ce sont entre 40 000 et 50 000 emplois qui sont menacés dans la filière des services. "Il est donc impératif, face à ces attentes, de promouvoir des dispositifs permettant de stimuler la demande et de mettre en place des mesures « coups de fouet » à court terme pour relancer le marché automobile. Des attentes fortes pour une prorogation des mesures de soutien aux entreprises et des exonérations de charges fiscales et sociales", soutient le CNPA.

 

Les mesures d’urgence pour faire face à la crise étaient, dans ce contexte, nécessaires et bienvenues. Les entreprises des services de l’automobile ont sollicité massivement les dispositifs d’accompagnement mis en place par l’Etat : à titre d’exemple, 50 % d’entre elles bénéficient actuellement du Fonds de solidarité.

 

Toutefois, au regard de la sinistralité de la filière, ces mesures d’urgences ne suffiront pas à court terme pour assurer une reprise pérenne de l’activité. 62 % des entreprises demandent ainsi la prorogation des mesures d’urgence jusqu’à l’automne (chômage partiel, prêts garantis par l’Etat, Fonds de solidarité), tandis que 84 % des entreprises demandent une exonération totale de charges fiscales et sociales. Les Prêts Garantis par l’Etat doivent avant tout permettre aux entreprises de consolider leurs fonds propres et d’investir, plutôt que de combler les déficits de trésorerie générés par la crise.

 

10 milliards d'euros d'immobilisation de trésorerie

 

Dans le cadre d’une relance de l’activité, les entreprises plébiscitent le retour à l’ancienne prime à la conversion, avant sa réforme en juillet 2019, pour stimuler la demande des ménages et permettre l’écoulement des stocks de véhicules récents. Actuellement, la masse de véhicules en stocks représente une immobilisation de trésorerie de l’ordre de 10 milliards d’euros, ce qui place les entreprises dans une situation économique particulièrement difficile.

 

Mais, pour l'instant, selon nos informations, ce plan, dont l'arbitrage est prévu vers le 26 mai 2020, prévoirait un retour du bonus dédié aux véhicules électriques à 6 000 euros pour les entreprises (contre 3 000 euros aujourd'hui). Ce bonus passerait à 8 000 euros pour les particuliers (contre 6 000 euros à ce jour). Un coup de pouce de 2 000 euros serait également accordé aux motorisations hybrides rechargeables, qui ne sont actuellement éligibles à aucune aide. La prime à la conversion serait également revue mais ne concernerait, une nouvelle fois, que les véhicules électriques et/ou hybrides.

 

Ces décisions feraient l'objet d'un projet de loi de finances rectificatif qui serait examiné en juin par le Parlement pour une mise en application dès le mois de juillet. 

 

"Si le gouvernement doit mettre en place un plan de relance à court terme, ce plan doit être équilibré entre l'offre et la demande, avec une priorisation d'une stimulation de la demande par des mesures "coups de fouet". Ce plan doit être également équilibré entre les différentes composantes de la filière : les services doivent être accompagnés dans la transformation, notamment digitale, qui est à l'oeuvre. L'accès aux différents fonds de modernisation et de restructuration prévus pour accompagner en particulier la sous-traitance industrielle doit être en ce sens élargi aux métiers du service", réclame le CNPA.

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