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Renault Koleos : Mélange des genres

Renault Koleos : Mélange des genres

Renault accueille aujourd'hui dans sa gamme son très attendu "crossover" Koleos. Pourtant, aujourd'hui, le segment n'affiche plus la même vitalité, le marché est plus concurrencé que jamais et les 4x4 ont mauvaise presse. Renault...
...reste optimiste et préfère recentrer les débats autour du véhicule.

Depuis la présentation du modèle préfigurant la version définitive du Koleos lors du Mondial de Paris 2006, la même analyse revient sans cesse. "Le produit peut être séduisant, mais Renault arrive trop tard", entend-on en effet régulièrement. D'abord, parce que Renault arrive après tout le monde sur ce marché. Mais aussi, parce qu'à la lumière des derniers chiffres, le pari s'avère encore plus ardu. En France, le segment TT2, auquel appartient le Koleos, enregistrait en effet une croissance de 21 % sur le premier trimestre 2007. En 2008, malgré les efforts des différents spécialistes pour maintenir les ventes, le segment des 4x4 a en revanche subi une baisse de 24 % durant le premier trimestre, prenant de plein fouet la rocket fiscale pointée sur lui par le gouvernement. A entendre le constructeur, il n'y a pourtant ni atmosphère critique, ni retard. "Nous ne voulions pas nous précipiter et signer un accord de partenariat avec un spécialiste du genre pour arriver plus vite sur le marché", explique le constructeur, montrant du doigt les quelques mois gagnés par PSA Peugeot-Citroën en s'associant avec Mitsubishi pour la production de ses SUV. "Puis, le Koleos est un pur produit de l'Alliance", poursuit-on chez Renault. Différencier le modèle, voilà une quête permanente pour la direction marketing du constructeur.

Le rêve d'un baroudeur "casual"

"Le Koleos n'est pas un SUV. C'est un crossover". Avec la polyvalence en maître mot, Renault use de subtilités pour tenter de faire une place à son dernier modèle dans un univers ultra concurrencé et de plus en plus décrié. Malheureusement, ce type de discours marketing semble déjà avoir vécu, tant le segment est occupé et que la communication des uns et des autres a fait son œuvre. "Il est aussi à l'aise en ville qu'à la campagne", argue-t-on par exemple pour définir le caractère du Koleos. Là encore, d'autres marques ont usé de cet argument avant Renault. Pourtant, le constructeur français est peut-être celui qui a le mieux réussi son mélange des genres. Celui qui aura d'ailleurs poussé le plus loin cette idée. Pour l'Alliance, Koleos est un projet unique. Non pas par les 400 millions d'euros investis par le groupe dans le développement du modèle. Mais parce que c'est en effet le premier projet à s'être nourri d'une collaboration entre Renault, Nissan et Samsung Motors. Le véhicule a en effet été élaboré par les techniciens de chez Nissan, produit en Corée, dans une usine de Samsung Motors, mais avant tout dessiné par les designers de Renault. Un produit au carrefour de plusieurs segments, une élaboration et une production croisées, une utilisation multiple… Le Koleos est une addition de mélanges jusque dans le style.

Alors que sur ce segment, nombreux sont les constructeurs à tenter de faire mouche par le design, Renault a préféré jouer dans un autre registre que celui des expériences stylistiques. "Nous ne voulions pas d'un style agressif et ostentatoire", explique-t-on chez le constructeur. Plutôt bien vu dans ce contexte de dénigrement constant des véhicules imposants. "Au premier coup d'œil, on reconnaît la griffe Renault", ose-t-on encore. En effet. Et pour la clientèle en quête d'autre chose qu'un break surélevé, la séduction aura sans doute un peu de mal à opérer. Lorsque l'on pose les yeux sur la face avant du Koleos, difficile de ne pas voir un Modus, un Kangoo ou une Mégane. Seul l'arrière du véhicule laisse apparaître un visage différenciant et davantage osé. Par peur de perdre son identité, par soucis de ne pas heurter la clientèle la plus à l'écoute des problèmes environnementaux, tout en proposant un produit différent à ceux qui le souhaitent, la marque au losange a mis au monde une sorte de produit hybride. Comme si Renault poussait le concept de crossover jusque dans le style. Un véhicule avec de vraies capacités de tout-terrain, un équipement et une habitabilité de familiale, mais doté d'un look qui cherche le consensus sans pourtant trouver ni l'excitation de l'œil, ni la répulsion… Un parti pris esthétique que nombreux estimeront dommageable tant la compacité, la praticité, la polyvalence et l'habitabilité du modèle sont plutôt appréciables.

LE KALEOS EN BREF

  • Date de lancement :
    Disponible

  • Segment de marché :  SUV Compacté

  • Objectifs : 4 000 en 2008

  • Les principales concurrentes du Koleos Dynamique 2,0 l DCi 150 ch 4x4 (30 500 euros) :

    Volkswagen Tiguan 2.0 l Tdi 140 ch ConfortLine FAP (31 500 euros),

    Toyota Rav 4 136 ch D4-D Life (30 650 euros),

    Nissan Qashqai DCi 150 ch Acenta Pack 4x4 (28 800 euros),

    Ford Kuga 136 ch TDCi DPF Titanium 4x4 (30 550 euros)
     
  • Prix :
    Essence : De 24 900 à 29 200 euros
    Diesel : De 26 000 à 33 800 euros

  • La polyvalence au rendez-vous

    Les discours, l'attente et le mystère qui gravitent autour du Koleos feraient presque passer l'essentiel sous silence : le véhicule lui-même. Conçu sur la base roulante du nouveau Nissan X-Trail, le Koleos peut clairement jouer sur plusieurs registres. Dès la prise en main, d'ailleurs, la polyvalence annoncée transparaît bel et bien. Encore faut-il apprécier les directions entièrement électriques… un choix technique qui peut gêner certains. En utilisation routière ou urbaine, le comportement du véhicule s'apparente alors à celui d'un Scénic, en plus grand et en plus lourd. Le Koleos est en effet trois centimètres plus longs que le monospace compact de Renault et affiche un poids moyen de 1 620 kg, soit entre 50 et 100 kg de plus que le Scénic. En mode tout-terrain, cette même direction peut déplaire. Ce qui ne remet pas en cause les capacités du véhicule lorsqu'il sort de sentiers battus.
    Le Koleos reprend le même mode de transmission 4x2 ou 4x4 que celui inauguré sur le dernier Nissan X-Trail : le système "All-Mode 4x4-i". La transmission intégrale est associée à un répartiteur de couple qui peut transférer jusqu'à 50 % de celui-ci sur les roues arrière. En outre, le Koleos est doté du système de contrôle de vitesse en descente pour des pentes supérieures à 10°. Les amateurs de "offroad" apprécieront. Et cela traduit véritablement l'ambition de Renault de faire évoluer son 4x4 sur tous les terrains. Comme pour prendre, là encore le contre-pied de la concurrence qui s'est massivement engagée vers le "faux 4x4", celui qui ne sort jamais des villes. Un vrai numéro d'équilibriste pour Renault, qui tourne au tour de force lorsque l'on se penche sur l'habitabilité du Koleos.

    L'habitacle est en effet agréable. Son design, est pour le coup, assez réussi. Ce qui rend la vie à bord plaisante, quelle que soit l'utilisation. Un point non négligeable pour les familles, ici clairement visées par Renault, comme en témoigne le nombre d'équipements élevés, mais de rangements également. Le Koleos en regorge. Ce sont ainsi 70 litres de rangements qui sont disponibles dans l'habitacle et qui s'ajoutent aux 450 dm3 du coffre. Un volume qui passe d'ailleurs à 1 380 dm3, lorsque les sièges arrière sont rabattus, laissant place à un plancher totalement plat. De la place et des bonnes idées aussi. Notons par exemple la possibilité de régler l'inclinaison des sièges arrière. A l'arrière toujours, le hayon s'ouvre en deux parties. Très pratique, d'autant plus que la partie inférieure peut supporter jusqu'à 200 kg.

    Un positionnement agressif

    Côté moteur, le crossover est disponible en trois motorisations. Un bloc essence 2,5 l de 170 ch, fourni par Nissan. Puis deux moteurs 2 l DCi. L'un de 150, l'autre de 175 ch. En France, le Diesel truste 95 % des ventes de 4x4. Le mix prévisionnel du constructeur s'oriente donc clairement vers ces deux dernières motorisations.

    En France, le constructeur réussira sans doute son pari. Parce que c'est la France, que c'est Renault et que toutes ses nouveautés intriguent, attirent, voire excitent les passionnés ou les chauvins. Par prudence, la marque ne dévoilera pas ses ambitions, qui sont pourtant très grandes. "Nous devons nous rapprocher des réussites de ce segment et jouer les premiers rôles", confie Jacques Chauvet, sans plus de précisions, qui ne croit pas, par ailleurs, à une cannibalisation du modèle sur les ventes des Scénic et autres Mégane et Laguna Estate. Au contraire. Si Renault entend donc s'imposer parmi les leaders du marché français sur ce segment, il faudra alors dépasser les 10 000 immatriculations. Un seuil que ce sont par exemple fixer Toyota pour son Rav 4, Nissan pour son Qashqai et Volkswagen pour son Tiguan en 2008. Pour remplir ses objectifs, Renault possède d'ailleurs un autre argument que sa simple image de marque : ses prix. "Nous avons choisi de mener une politique offensive sur les tarifs de manière à ce que le réseau ne se lance pas dans une course au rabais", explique Jacques Chauvet. Une manière de bousculer la concurrence, certes, mais aussi de minimiser l'impact du bonus-malus. Précisons en effet que les différentes versions du Koleos sont toutes "malussées". Seul le bloc Diesel de 150 ch en boîte mécanique affiche d'ailleurs une écotaxe de 750 euros, quand le reste de la gamme supporte un malus de 1 600 euros, beaucoup plus rédhibitoire.



    ZOOM

    Un ticket Busan - Le Havre

  • Inaugurée en 1996, l'usine de Busan affiche aujourd'hui une capacité de production de 240 000 véhicules par an. Actuellement, Samsung y produit ses SM3, SM5, SM7, puis une ligne est réservée à l'assemblage du Renault Koleos et du Samsung QM5. Notons que Renault a investi 178 millions d'euros dans le processus d'industrialisation de son SUV, dont 100 millions chez ses fournisseurs. Le reste de l'investissement se répartissant majoritairement à Busan donc, mais aussi au Havre.Le montage des accessoires doit en effet se faire dans le port normand, après deux mois de bateau. Le Havre va ainsi accueillir un stock tampon pour la France et l'Europe. Pour une commande cœur de gamme, Renault annonce alors une livraison rapide. Pour une demande spécifique, le constructeur promet en revanche trois petits mois de délais. Au regard des difficultés de livraisons rencontrées par certaines marques depuis quelques mois, un tel délai apparaît ainsi minime. D'autant plus petit pour un véhicule assemblé en Corée.
  • Photo : Au lancement, le 6 juin dernier, Renault avait déjà livré 1 600 véhicules dans le réseau français. Par ailleurs, la direction commerciale table sur 40 % de ventes en deux roues motrices.


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