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Renault : Et X95 devint Megane…

Renault : Et X95 devint Megane…

Avec sa nouvelle Megane, Renault nous présente une berline compacte attrayante. Le constructeur a tiré les enseignements des défauts de sa devancière. Il en résulte une auto certes consensuelle,...

...mais dont la qualité est en net progrès sur tous les aspects.

LA MEGANE 3 EN BREF

  • Date de lancement :
    Novembre 2008
  • Segment de marché : M1, Berlines compactes

  • Principales concurrentes :

    Peugeot 308 : de 16 950
    à 28 750 euros

    Citroën C4 : de 17 000 à
    à 25 600 euros

    VW Golf : de 15 800 à
    à 27 150 euros


  • Prix :
    Berline : De 18 400 à 25 600 euros
    Coupé : De 20 300 à 26 200 euros

  • Lancée en 2002, la version précédente de la Renault Megane avait suscité nombre de polémiques quant à son audacieux design, d'aucuns parlant même de lignes douteuses… Qu'on l'eut adorée ou bien détestée, la Megane 2 ne laissât personne indifférent, et c'est bien ce que cherchait l'équipe de designers de l'époque. En effet, la Megane II avait été désignée pour devenir le laboratoire esthétique des futurs modèles de la marque au losange. Elle préfigurait ainsi les nouvelles lignes du Scenic, ou de l'Espace actuel. Voilà donc le contexte de l'époque. 6 ans plus tard, exit l'audace… Les réalités financières et les velléités européenne et mondiale de M. Ghosn ont eu raison des "pétages" de plomb des designers en charge du projet Megane 3. Comme ils ont eu la peau de la très "Frenchie" Twingo, ils nous livrent un véhicule jugé par eux-mêmes consensuel, au sens étymologique du terme. C'est-à-dire qu'elle génère un consensus au premier regard. Sans déclencher d'émotion particulière chez certains, elle doit être appréciée par le plus grand nombre. Néanmoins, un design passe-partout demande un travail très important. C'est même si compliqué que les Japonais ne cessent de nous resservir les mêmes caisses à base d'Auris, de Cee'd, j'en passe et des meilleures… Chez certains Français, sans chauvinisme outrancier, il subsiste encore une (petite) volonté de bien faire, ou plutôt de faire beau, la Megane 3 en est l'illustration, (surtout dans sa version coupé). Et c'est bien sur cet esthétisme que Renault compte baser sa communication pour démarquer sa nouvelle berline compacte de la concurrence.

    On ne refait pas le monde

    Il ne fallait pas se rater. En effet, sur un segment M1 qui représente 30 % du marché global, et 30 % des ventes du constructeur, la nouvelle Megane arrive en challenger sous pression ! D'autant que sa devancière peut s'enorgueillir d'une illustre carrière, avec 3,8 millions d'unités vendues. D'ailleurs, en cumul depuis l'apparition du modèle, en 1995, la Megane a trouvé 8 500 000 heureux propriétaires. Enfin, rappelons la frilosité actuelle des acheteurs, la fragilité des marchés… Tout est réuni pour faire de Megane l'objet de toutes les attentes de la part de son géniteur.

    Le style d'un véhicule est le premier critère de choix pour un acheteur. Or, si la Megane 2 a remporté un franc succès en France, il n'en fut pas de même outre-manche, par exemple. D'où la volonté de fonder la Megane 3 sur de nouvelles bases stylistiques plus rassembleuses. Un nouveau cahier des charges pour Patrick le Quément, qui nous a récemment livré sa vision de la berline française représentative du losange, avec Laguna… Sans commentaire… Mais notre peur s'avéra infondée. Grâce soit rendue, à lui et ses collaborateurs, car la nouvelle Megane remplit ses objectifs, elle fédère. Le réseau lui a déjà réservé un bel accueil (elle est en cours de livraison dans les showrooms), et les tests clients ont également montré un enthousiasme peu commun, (surtout pour la version coupé).

    La nouvelle Megane de Renault jouit d'un style totalement généré en numérique, pour la première fois. Ainsi, l'équipe de designers a pu modéliser le véhicule en 3D dans toutes les situations, tous les environnements, afin d'en peaufiner les lignes. L'ADN de la berline compacte est ainsi formé de 4 gènes principaux : les proportions, la fluidité des lignes, la sensualité et enfin la robustesse, dixit Fabio Filippini, directeur de gamme Megane pour le design. Pour les béotiens que nous sommes, on retiendra notamment une forme de capot très spéciale avec des nervures très prononcées. Mais aussi de larges épaules à l'arrière, une ceinture de caisse plus basse, qui "assoient" la voiture et lui donnent un air plus trapu. Quant au jeu des ressemblances, impossible d'ignorer le mimétisme des feux arrières avec ceux d'une Porsche, ou encore les similitudes du coupé avec l'arrière d'une Opel Astra GTC. Pourtant, si le design n'est qu'un éternel recommencement, Renault parvient ici à nous surprendre, (dans le bon sens, cette fois), avec une voiture équilibrée, et une version coupé réellement différente de la berline, capable d'en découdre, en tout cas esthétiquement, avec le très réussi VW Scirocco par exemple.

    Qualité en ligne de mire

    Ce n'est un secret pour personne, Renault travaille sur la qualité, intrinsèque et perçue, de ses produits, depuis que Carlos Ghosn a tapé du poing sur la table, stigmatisant les inadmissibles errances qualitatives de la Laguna 2… Et les résultats sur la nouvelle Laguna ne se sont pas faits attendre. De même, Megane 3 dispose des mêmes bases. Affleurements de qualité, choix des matériaux, l'intérieur est réussi, nouveau, sans se montrer déroutant. Un élégant insert vient souligner la planche de bord et ainsi alléger la massivité de la pièce. Enfin, soulignons que l'espace aux coudes est une valeur "best in class", la nouvelle Megane offre donc une grande habitabilité. 

    Côté ergonomie, la Megane dispose des sièges présentant la plus grande amplitude de réglage en hauteur du segment. A quoi ça sert ? A rien, puisque dans sa position basse, même le plus petit d'entre nous verra ses genoux lui remonter dans les dents… En revanche, l'instrumentation de bord nous a séduits. Le compteur notamment, placé en position centrale, et qui affiche la vitesse en gros chiffres, comme un mémo qui crierait inlassablement "gare à tes points" ! A ce sujet, dès que l'utilisateur dépasse la vitesse choisie avec le régulateur, un arc de cercle lumineux situé autour du compteur se met à clignoter. Simple, nouveau et joli. A l'arrière, de gros progrès ont été réalisés sur le volume de coffre. Si l'ancienne Megane présentait des chiffres insuffisants, la nouvelle version offre 20 % en plus. Dommage pour le coupé, le seuil de chargement est si haut et l'ouverture de coffre si resserrée qu'on ne pourra pas en profiter. Réponse laconique chez Renault : "Le coupé est-il vraiment indiqué pour partir en vacances… ?" Tant pis.

    Comportement à la hauteur

    Nous ne sommes donc pas partis en vacances avec la nouvelle Megane, mais nous avons pu rouler dans les deux silhouettes, et nous faire idée du comportement du nouveau châssis. Tout d'abord, tirons notre chapeau aux ingénieurs qui ont travaillé sur l'insonorisation. En effet, dès la portière refermée, le silence est marquant, de haut niveau. Il s'avère d'ailleurs qu'en roulage, les premières impressions se confirment. Berline et coupé sont silencieux, très silencieux, quelle que soit la motorisation choisie. Les bruits aérodynamiques ont aussi été largement réduits. Autre gros progrès réalisé sur l'auto, la direction. L'assistance électrique, particulièrement décriée sur la devancière, a été revue de A à Z. En passant par… F ! En effet, le fournisseur a changé. Les ingénieurs de Renault ont préféré NSK à TRW. A l'utilisation, le nouveau système se révèle de meilleure facture, avec une sensation moins "caoutchouteuse" dans le volant, concernant le retour d'informations au conducteur.

    Pléthore de moteurs

    Pas moins de 11 motorisations seront disponibles pour les Megane 3, d'ici 15 mois. En essence, on retrouvera les 1,6 l et 2,0 l développant respectivement 110 ch et 140 ch. Mais deux autres moteurs complètent l'offre. Il s'agit tout d'abord du TCe 180, version turbo développant 180 ch, déjà monté dans la Megane RS actuelle. Enfin, le downsizing s'invite sous le capot de la berline compacte, avec l'arrivée du nouveau 1,4 l TCe 130 dès le printemps prochain. Développé dans le cadre de l'alliance Renault-Nissan, il se montre sobre avec une consommation de 6,5 l/100 km. Du côté des motorisations Diesel, la gamme se veut encore plus large. Elle débute avec les dCi 85 et dCi 90 Fap, suivis des versions 105, 110, 130, 150 et enfin 160 ch. A noter que les nouveaux dCi 90 et 110 ch, équipés de FAP, anticipent la future norme Euro V. Pour transmettre le couple aux roues, Renault propose deux boîtes manuelles à 5 et 6 rapports, une BVA disponible sur la version 150 ch et enfin une nouveauté, la CVT (Continuously Variable Transmission), elle aussi issue de l'Alliance, mais qui ne sera disponible que sur la version 2.0 16V de 140 ch. 


    QUESTIONS À

    Marc Siellet, Directeur de programme adjoint

    "Nous visons clairement la tête du segment d'ici l'année prochaine"

    Journal de l'Automobile. Comment voyez-vous ce segment ?

    Marc Siellet. Le segment C représente à l'heure actuelle 700 000 véhicules, soit 1/3 du marché global. A l'intérieur de ce segment, les berlines font 40 %, soit 280 000 voitures. Le leader clairement installé est Peugeot avec sa 308, suivie de la Citroën C4. Nous arrivons derrière avec notre Megane en fin de carrière, en concurrence avec la Golf. Le marché se répartit à 60 % avec les particuliers et 40% pour les flottes. C'est l'inverse du segment supérieur, celui de Laguna.

    JA. Quels sont alors vos objectifs pour la Megane 3 dans ce marché ?

    MS. Nos ambitions sont élevées. Sans donner de chiffres précis, nous pensons que la qualité de la voiture, l'accueil qui lui a d'ores et déjà été réservé dans le réseau, ajoutés aux tests clients que nous avons effectués, sont de nature à nous positionner dans le haut du classement, pourquoi pas en tête, et ce, dès l'année prochaine, que ce soit chez les particuliers ou chez les flottes.

    JA. Prévoyez-vous des mesures d'accompagnement pour votre réseau durant cette période économiquement troublée ?

    MS. Nous faisons toujours très attention à la rentabilité de notre réseau. Aujourd'hui, malgré le contexte économique un peu difficile, la France est moins touchée que l'Espagne notamment, où les ventes ont chuté de près de 40%. Ainsi, dans l'hexagone, même si l'on constate un ralentissement, le cumul reste encore positif par rapport à 2007. Il n'y a donc pas de péril majeur, le taux de rentabilité reste correct pour l'instant. D'ailleurs, je confirme que les marges sur Megane 3 seront identiques à celles de Megane 2.

    JA. Avez-vous travaillé sur l'après-vente de ce véhicule ?

    MS. Oui, de nombreux progrès ont été accomplis. Avec Megane 3, nous passons à un entretien à deux ans ou 30 000 kilomètres, sur quasiment l'ensemble des motorisations. Nous disposons également désormais d'un FAP sans entretien ainsi que d'une climatisation sans maintenance du fluide… Par ailleurs, pour le remplacement des lampes, nous avons imaginé un système simple, permettant de retirer le projecteur grâce à un outil fourni, ce qui autorise à tout un chacun de remplacer ses ampoules tout seul.

    JA. Prévoyez-vous d'implanter l'Active Drive sur la Megane 3 ?

    MS. Ce n'est pas prévu à l'heure actuelle. Il n'y a pas d'étude en ce sens, car nous ne voyons pas aujourd'hui de diffusion massive pour ce type de véhicule. Techniquement, les trains arrière de Megane et Laguna étant très différents, cela demanderait de gros efforts de développement, pour des volumes trop faibles. Néanmoins, si la demande se faisait réellement sentir, pourquoi pas. 


    Photo : Les deux silhouettes de la nouvelle Megane montrent un style abouti, et cristallisent toutes les attentes du constructeur Français, dans un contexte économique éprouvant.

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