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Une si longue attente…

La marque suédoise aura dû finalement patienter plus de 12 ans avant de renouveler sa 9.5. Le constructeur a prévenu qu’on ne l’y reprendrait plus. Ce dernier a même annoncé une nouvelle mouture de sa routière d’ici 2016.

Une si longue attente…

Après plus d’une décennie de patience et des mois d’incertitudes, les Saabistes tiennent enfin leur nouveau vaisseau amiral. Montée en gamme, la nouvelle 9.5 doit redonner confiance aux clients et aux distributeurs.

Depuis la sortie de la dernière Saab 9.5 au siècle dernier (en 1997), de l’eau a coulé sous les ponts. Des torrents même, puisque, après des mois de flou, General Motors a officiellement vendu Saab à Spyker. C’était le 23 février 2010. Hier en somme. Alors commercialiser une nouvelle 9.5 quelques semaines après avoir troqué son passeport américain pour une version hollandaise, est devenu un véritable challenge pour la marque. Un “défi” diront certains, puisque le modèle doit rendre de nouveau Saab visible. C’est une de ses missions. Car dans la gamme du constructeur, c’est bien la 9.3 qui sert de locomotive. En outre, l’offre scandinave va bientôt s’étoffer avec l’arrivée prochaine du 9.4X. Le constructeur ne demandera donc pas à sa filiale française d’écouler des dizaines de milliers d’unités de sa 9.5, même revisitée. Le modèle doit préparer le terrain du renouveau. Voilà tout. Pour autant, si la survie de la marque ne semble pas dépendre du succès commercial du modèle, la 9.5 doit au moins convaincre et rassurer ses propres clients.

Une 9.5 pas si nouvelle

Elégante et séduisante, la nouvelle 9.5 affiche son propre style. Ses courbes ne reprennent aucun autre code que les siens. Esthétiquement, le véhicule est une réussite. C’est assurément une Saab. Rien d’étonnant à cela. Dans le cadre du rachat de la marque par Spyker, Saab avait en effet obtenu un accord de collaboration industrielle leur permettant de bénéficier de pièces et process de General Motors. La nouvelle mouture de la 9.5 est donc dans la continuité des modèles lancés sous l’ère GM. Et pour cause, celle-ci était prête à être commercialisée il y a déjà de longs mois, avant même le changement de propriétaire. Condamnée à rester en stand-by par l’agitation qui a frappé GM il y a près de deux ans, cette 9.5 n’est donc pas si nouvelle. Le véhicule semble ainsi porter les stigmates de l’incertitude. En termes d’agrément principalement. Un décalage d’autant plus regrettable que le constructeur a décidé de faire monter son véhicule en gamme et de concurrencer Audi A6, BMW Série 5 et autre Mercedes Classe E. A ce titre, et malgré la présence d’un affichage tête haute appréciable, on notera par exemple l’obsolescence du système de navigation, ou encore l’absence de caméra de recul - absence dommageable pour un véhicule de plus de 5 mètres et de ce prix. Avec une entrée de gamme à 37 900 euros, et un panier moyen aux alentours de 45 000 euros, Saab estime être 12 à 18 % moins cher que BMW et 10 % moins cher que Mercedes. Compétitive, donc. Mais aussi plus chère que sa devancière, dont le prix de transaction médian avait considérablement baissé ces dernières années.

Côté conduite, en revanche, Saab répond présent et conserve son “toucher de route”. Le châssis adaptatif avec amortisseurs pilotés en temps réel joue pour beaucoup. Mais les motorisations également. Et de ce côté, la nouvelle 9.5 affiche des arguments bien plus porteurs que ceux de l’ancienne génération, avec pas moins de six moteurs en catalogue. Trois essence, avec les blocs 1,6T 180 ch, 2,0T 220 ch et 2,8T de 300 ch, une variante BioPower du moteur 2,0T, mais aussi et surtout le 4 cylindres Diesel proposé en version 160 ch ou 190 ch. Des motorisations Diesel qui représenteront, selon les prévisions du constructeur, 50 % des ventes du véhicule.

Un démarrage délicat

Le 16 septembre dernier, alors que le véhicule débarquait dans les showrooms des distributeurs français, la marque se réjouissait de voir l’accueil réservé au modèle. Allant même jusqu’à pronostiquer 400 ventes en France sur les 4 mois de commercialisation. Malheureusement, le constructeur n’en écoulera que 130. “Nous avons connu quelques soucis de livraison”, explique-t-on au sein de la filiale française. Une déception, sans doute. Une inquiétude même, tant la route tracée par Spyker est ambitieuse. En effet, si la marque se doit d’atteindre 85 000 ventes de VN cette année pour clôturer l’exercice à l’équilibre, elle a déjà annoncé sa volonté d’écouler 125 000 VN en 2012, dont 4 000 en France. Un objectif très élevé puisque jamais atteint par la marque sur le marché hexagonal. 


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