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Feu vert pour les véhicules autonomes en France

Renault devrait proposer à l'horizon 2022 une navette autonome et électrique inspirée de ce concept ZE-GO dévoilé lors du salon de Genève 2018.

Feu vert pour les véhicules autonomes en France

Dès 2019, des véhicules autonomes de niveau 5 pourront sillonner les routes de France. Le Gouvernement va confirmer tout cela dans une loi que Bruno Le Maire espère d'ici la fin de l'année 2018.

 

La France va autoriser les tests de véhicules autonomes sans conducteur sur l'ensemble de son territoire dès 2019, a annoncé lundi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, assurant vouloir placer le pays en pointe sur ces technologies. "La loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, NDLR) prévoira que les expérimentations sur routes ouvertes seront possibles sur tout le territoire français jusqu'au niveau 5 d'autonomie, c'est-à-dire en l'absence de tout conducteur", a déclaré le ministre dans un discours à Paris présentant la stratégie du Gouvernement sur les véhicules autonomes. Il a souhaité l'adoption de cette loi "avant la fin de l'année 2018 pour que toutes les dispositions soient opérationnelles dès 2019".

 

De nombreux tests de véhicules autonomes sont déjà menés sur les routes françaises, mais ils nécessitent des autorisations, sont limités à certains tronçons, et la législation impose pour l'instant la présence d'un opérateur à bord. Rendant compte de travaux menés par Anne-Marie Idrac, haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, Bruno Le Maire a affirmé vouloir faire de la France "le pays le plus attractif en Europe pour développer ces transformations technologiques" et a promis un "soutien à l'effort de recherche et développement".

 

L'arrivée des voitures autonomes sur les routes constitue une révolution pour les services de mobilité. Elle promet des transports plus sûrs, plus accessibles aux personnes âgées ou handicapées, moins consommateurs d'espace, plus propres et même moins coûteux. Mais elle nécessite des modifications complexes des réglementations existantes, notamment pour redéfinir les responsabilités en cas d'accident ou pour assurer la sécurité des données privées des utilisateurs. Elle est aussi un défi pour les entreprises de la filière automobile qui se retrouvent confrontées à des investissements colossaux tout en devant faire face à de nouveaux concurrents venus des services des transports ou des hautes technologies.

 

La course à l'innovation est mondiale et la complexité des chantiers poussera à des coopérations européennes face à la Chine et aux Etats-Unis. Pour les experts, ces deux pays sont en effet les mieux placés, grâce à leur immense marché et leurs nombreuses sociétés innovantes : Google, Apple, Tesla ou Uber côté américain, face à Baidu (intelligence artificielle), Huawei (télécoms), Didi (services de VTC), Tencent (internet) ou encore Lynk & Co (constructeur automobile) côté chinois.
 

Les véhicules autonomes sont "une opportunité (...) qui doit être saisie. C'est aussi une menace pour nos constructeurs si leurs produits accusent un retard technologique, a d'ailleurs souligné le 14 mai la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Nous constituons une 'équipe de France de la mobilité autonome' pour faire de la France un territoire pionnier" dans ce domaine. "Nous sommes prêts aujourd'hui à déployer un programme d'expérimentation à grande échelle", a estimé Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, qui représente la filière. Du côté des constructeurs français, PSA (marques Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) a commencé ses tests en juillet 2015. Il prévoit de commercialiser autour de 2021-2023 ses premiers modèles permettant au conducteur de quitter la route des yeux.

 

La voiture totalement autonome en toutes conditions n'est certes pas pour demain, mais les constructeurs commencent à mettre sur le marché des aides à la conduite déjà suffisamment évoluées pour que l'ordinateur de bord prenne en partie les commandes dans certaines circonstances, par exemple pour garder ses distances ou doubler sur une autoroute. Les progrès technologiques permettront d'ici deux à trois ans des systèmes semi-autonomes encore plus avancés, autorisant le conducteur à ne plus regarder la route, toujours dans des situations bien définies. Parallèlement aux voitures individuelles, des navettes électriques entièrement autonomes, exploitées par des entreprises sur des zones bien délimitées, feront leur apparition.

 

Renault prévoit la commercialisation de quinze voitures semi-autonomes d'ici 2022. Il a également présenté au salon de Genève son concept EZ-GO de navette électrique, autonome et partagée, dont il promet une version commerciale pour cette même date. D'autres acteurs français, des start-up comme Navya, ou des équipementiers comme Valeo ou Faurecia, sont également fortement impliqués dans ces innovations. (AFP)


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