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Goupil montre les crocs avec le G6

Goupil a lancé la commercialisation de son nouveau modèle, le G6.

Goupil montre les crocs avec le G6

Le constructeur de petits utilitaires 100 % électriques accélère son développement avec le lancement d’un nouveau produit, le G6. Il doit contribuer à doubler le chiffre d’affaires de l’entreprise d’ici 5 ans, pour atteindre 100 millions d’euros.

 

Goupil, c’est assez rare pour être souligné, est un constructeur automobile dont l’intégralité de la production est localisée en France, précisément à Bourran, dans le Lot-et-Garonne. Fondé en 1996 et propriété du groupe américain Polaris depuis 2011, cet acteur dont les principaux terrains de chasse sont les collectivités locales, les opérateurs de la propreté urbaine (Veolia, Derichebourg, Pizzorno…), les acteurs du tourisme (Pierre et Vacances, Disney, Belambra…) et les grands groupes industriels est spécialisé dans la fabrication de petits véhicules utilitaires 100 % électriques. Ce sont, à ce jour, près de 130 salariés qui œuvrent pour son compte.

 

Les années qui viennent s’annoncent très riches pour la marque qui vise un important développement commercial. "Notre objectif est de doubler notre chiffre d’affaires d’ici 5 ans, nous visons la barre des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires avant 2025 grâce à un total 5 000 ventes par an", annonce Philippe Hugue, le directeur commercial de l’entreprise. Goupil est ainsi à l’aube d’une montée en puissance qui passe par un axe majeur : l’élargissement de la gamme.

 

Le G2 en guise d’entrée de gamme

 

L’essentiel de son activité actuelle repose sur son modèle phare, le G4. Il représente près de 90 % de la production, soit environ 2 000 véhicules sur les 2 200 qui sortent des chaînes chaque année. Le G5, un modèle en fin de parcours comme nous le verrons par la suite, complète le dispositif avec les 200 unités restantes. "Avec le G4, un produit lancé début 2017, nous sommes passés d’une trentaine de millions d’euros de chiffre d’affaires à 55 millions en 2019, notamment grâce au succès rencontré à l’export dans des pays tels que les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, se félicite Philippe Hugue. Nous allons à présent franchir une nouvelle étape avec nos deux nouveaux modèles, le G2 et le G6".

 

Polaris a donné les moyens à Goupil d’investir dans le développement de nouveaux produits. Le premier du lot, le G2, est au catalogue depuis octobre 2019. Ce petit modèle d’entrée de gamme, facturé entre 10 000 et 15 000 euros HT (il bénéficie d’un bonus de 900 euros), est homologué en tant que quadricycle en raison de son gabarit ultra compact (3,20 m de long et 1,1 m de large). Cette "golfette haut de gamme" peut néanmoins rendre quelques services avec une charge utile de 600 kg. Ses principales cibles sont les acteurs du tourisme comme les campings et les hôtels, les sites industriels fermés ou encore les campus. "Les débuts commerciaux sont prometteurs" pour le directeur commercial qui vise 400 unités par an dans un premier temps puis le double d’ici 5 ans.

 

Nouvelle dimension avec le G6

 

Le G6 arrive pour sa part en cette fin d’année 2020, la production débutant en octobre. "Avec ce produit, notre objectif est double, confie Philippe Hugue. Nous souhaitons tout d’abord renforcer notre implantation chez nos clients traditionnels avec un catalogue étoffé de versions carrossées, notamment une benne de collecte de déchets et un plateau basculant, et ensuite conquérir de nouveaux horizons avec les acteurs de la livraison du dernier kilomètre grâce à notre version fourgon dont le volume de chargement s’élève à 9 m3 et la charge utile à 637 kg".

 

Sur ce dernier point, Goupil compte déjà un client historique, Picnic, un supermarché en ligne présent aux Pays-Bas et en Allemagne proposant la livraison de courses à domicile. "Ils nous commandent 300 véhicules par an depuis 5 ans et le G6 devrait leur convenir pleinement", anticipe le directeur commercial. Il précise par ailleurs que ce nouveau venu remplacera progressivement le G5 au catalogue. Le constructeur estime qu’il représentera 50 % de son chiffre d’affaires en 2025 avec un volume annuel de 1 000 unités.

 

Sur le plan technique, le G6 affiche une autonomie de 150 kilomètres environ en cycle WLTP grâce à sa batterie de 28,8 kWh placée sous les trois sièges de la cabine, une configuration offrant une grande liberté dans le carrossage (fourgon, benne, nacelle, transport de passagers…). L’autonomie est jugée suffisante pour l’usage urbain et extra-urbain auquel il se destine. Sa vitesse maximale sera de ce fait bridée à 80 km/h. La question de la recharge n’inspire pas plus d’inquiétude puisque le G6 dispose d’un câble de recharge de type 2, synonyme d’accès à de la recharge accélérée.

 

Quant aux tarifs, ils sont de l’ordre de 47 000 euros HT pour le châssis nu et de 55 000 euros HT pour la déclinaison fourgon. Une addition relativement salée au premier abord, proche de celle d’un Renault Master Z.E. par exemple. Pour sa défense, le G6 peut miser sur un format compact (4,79 m de long et 1,60 m de large) et sur un bon niveau d’équipement (éclairage LED, allumage automatique des feux, vitres électriques, écran LCD…).

 

Court arrêt de la production

 

Pour assurer la production de ces deux nouveaux produits, le constructeur a consenti un investissement de deux millions d’euros dans son usine. "Nous sommes passés de 2 à 3 lignes de production et nous avons signé un accord avec les salariés pour augmenter la production si nécessaire, nous sommes armés pour absorber un doublement de notre activité", prévient Philippe Hugue. Goupil se renforce parallèlement en moyens humains avec le recrutement de commerciaux. L’ambition est par ailleurs de poursuivre le développement international, l’export représentant d’ores et déjà 70 % de l’activité. Des modèles de la marque circulent dans des pays inattendus comme la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l’Islande ou Israël. Mais pour le dirigeant, "l’objectif premier est d’être fort sur le marché européen puis ensuite de saisir les opportunités à l’international quand elles se présentent".

 

Evidemment, toutes ces ambitions et ce plan de développement pourraient potentiellement être chahutés dans le contexte actuel. La crise sanitaire n’a provoqué qu’un court arrêt de production chez Goupil, entre le 17 mars et le 14 avril. La reprise a été décidée rapidement afin d’honorer une grosse commande de Picnic, sans pour autant transiger sur les mesures de protection des salariés. "L’impact de la crise est pour le moment limité, nous enregistrons des commandes même si nous ne sommes pas à notre rythme de croisière", analyse Philippe Hugue. Depuis janvier, le constructeur a cumulé 334 immatriculations en France, un volume en repli de 32 %.

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