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Microcar : c’est l’Amérique !

Microcar : c’est l’Amérique !

En cette rentrée, le constructeur vendéen fait flèche de tout bois pour repartir à la conquête mais aussi élargir sa clientèle. Restylage, nouveau moteur, utilitaire et projets électriques en témoignent ! La fin de l'année sera sans nul doute à couteaux tirés pour Microcar...

...et Ligier ! A fin août, l'avance du vichyssois atteint 1,5 point de part de marché (21 % contre 19,5 %), le vendéen fourbit ses armes et dévoile cet automne une gamme rajeunie et élargie. Il n'est un secret pour personne que le style des MC1/2 n'a pas fait l'unanimité.
Cela peut décevoir les francs-tireurs, mais il est désormais acquis que la clientèle des voitures sans permis n'apprécie que modérément l'audace esthétique. Son souhait le plus cher étant de se fondre dans le paysage, on peut comprendre sa soif d'orthodoxie, d'autant que la minivoiture a connu sur le plan du style une enfance et une adolescence des plus agitées !
Rien de tout cela pourtant dans la Microcar actuelle : l'inspiration serait plutôt à chercher du côté de l'Audi A2 ou de la Citroën C2. Ses formes plus géométriques qu'à l'accoutumée avaient même l'avantage d'agrandir le volume utile de l'habitacle. Appréciable à l'heure où les "minis" actuelles frisent dangereusement le gabarit d'une Fiat Cinquecento ! Cela étant, le verdict du client ne fut pas le même, et aujourd'hui le constructeur de Boufféré s'autorise à revoir les lignes de sa voiture.

Un restylage "bien senti" !

Bien qu'il ne s'agisse pas encore d'une refonte intégrale, les retouches apportées adoucissent sensiblement l'aspect d'un modèle à la froideur technologique un peu accusée. La proue est la principale bénéficiaire de l'opération : capot, pare-chocs, fausse calandre et optiques sont inédits. La partie arrière évolue également, grâce à de nouveaux feux à fond cristal et un volet de hayon gagnant une baguette de finition avec poignée incorporée. On note encore l'ajout de roues inédites et d'une canule chromée d'échappement. Cette dernière n'est pas là par hasard : l'amélioration de la qualité perçue était au cœur de ce restylage.
On le perçoit davantage à bord : la planche de bord a été redessinée, se montrant plus large et plus haute. La commande de frein à main est désormais plus accessible, tandis que la boîte à gants est enfin munie d'un portillon (ou d'un filet en entrée de gamme) et peut accueillir une bouteille de 1,5 litre. Dans le même esprit, les portières sont munies d'un bac de rangement thermoformé, et l'éclairage intérieur rejoint en toute logique le plafond. L'aspect des matériaux n'a pas été oublié : les plastiques présentent une texture plus dense et un coloris plus mat.
Sur le plan technique, on note enfin l'adoption de pneus 145/70 R13 moins coûteux et les efforts faits sur le plan de l'insonorisation (pompe à injection, hélice de refroidissement aspirante). Mais la petite révolution sous le capot tient en un mot : Yanmar ! Après l'avoir introduit en 1984 dans la voiture sans permis, Microcar avait abandonné la marque japonaise pour Lombardini à l'ère du bicylindre.

Yanmar et Sherpa

Le bi Yanmar n'avait pu compter que sur deux marques fidèles, Bellier et JDM. Mais depuis peu, l'embonpoint des minis fait les affaires de ce moteur, plus prodigue en couple que le Focs Lombardini. Ainsi, après son intronisation dans la gamme Chatenet courant 2005, le tour de Microcar est venu, qui propose le Yanmar sur ses hauts Préférence MC1 et MC2 pour 350 euros de plus. De quoi élargir utilement l'offre, en attendant le nouveau bloc Lombardini, qui poursuit ses tests en attendant une production prévue pour 2007.
Enfin, les deux marques vendéennes ont conclu cet été un accord de collaboration. Microcar élargit en effet sa gamme en accueillant l'utilitaire Bellier, rebaptisé Sherpa pour la circonstance. Chacun y trouve son compte : Bellier trouve à son petit camion un débouché supplémentaire (l'accord portant dans un premier temps sur 150 véhicules/an), tandis que Microcar obtient un effet de gamme tout en sondant les contours du marché du micro-utilitaire.
Mais Microcar ne se contente pas de suivre les tendances imprimées par la concurrence, et ajoute depuis peu une corde à son arc avec le retour de mini électrique sur le devant de la scène. On se souvient des efforts de la marque en la matière voilà dix ans, avec les Lyra électriques. Aujourd'hui, en partie grâce aux progrès des batteries, Microcar envisage la fée électricité sous un nouveau jour.
Bien sûr, la prudence reste de mise : depuis les débuts de l'automobile, rouler électrique est resté bien souvent un simple miroir aux alouettes !
Le projet Zenn a pris forme en association avec la société canadienne Feel Good Cars, basée à Saint Jérôme, près de Toronto. Une initiative nord-américaine, pour une idée qui ne manque pas d'intéresser Microcar quand aux débouchés potentiels.
En effet, sans prétendre jouer les routières au long cours, la Microcar MC2 ainsi adaptée présente des prestations honnêtes pour des trajets urbains et périurbains. Embarquant 570 kilos de batterie lithium-ion sous son plancher, la Zenn est capable de parcourir une centaine de kilomètres d'autonomie à une vitesse de 60 km/h. En Europe, les perspectives ne sont pas à négliger : parfaitement silencieux et déstressant, un tel véhicule à une carte à jouer auprès d'une clientèle nouvelle et aisée (malgré les incitations fiscales). Par ailleurs, les collectivités sont réceptives à ce genre de moyen de transport dans plusieurs pays européens tels que la Grande-Bretagne ou l'Italie. Bien sûr, ce n'est pas demain que la franco-américaine Zenn fera vivre Microcar, mais elle permet à défaut d'être sur le qui-vive sur le terrain de la mini électrique, ou seuls les utilitaires sont réprésentés pour le moment (Mega, Melex et autres Goupil).

La mini électrique pour l'Amérique

Dans l'attente, l'opération est bénéfique à tout point de vue : outre la fourniture de 120 véhicules transformés ensuite dans les locaux de Feel Good Cars cet été, 80 autres doivent traverser l'Atlantique ce mois-ci, et 374 doivent être livrés d'ici la fin de l'année. Le tout constitue une tête de pont intéressante pour Microcar, sachant que 100 000 mini-véhicules sont vendus en Amérique du Nord chaque année. S'appuyer sur un partenaire local permet en outre de se prémunir des réactions consuméristes dont la clientèle américaine est coutumière, tandis que le montant de l'investissement consenti par Microcar est négligeable. Pourquoi se priver ?

André Nicolas

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