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Suzuki Swift Sport : La belle se fait bête

Suzuki Swift Sport : La belle se fait bête

En deux ans, la Swift a joué de son côté glamour pour s'imposer. Aujourd'hui, la Suzuki s'aventure sur le terrain de la sportivité et s'octroie un bloc 1,6 litre de 125 chevaux issu de la version rallye. Avis aux jeunes conducteurs dynamiques. Sans représentation routière,...

...une notoriété sportive reste cantonnée au circuit. Suzuki l'a bien compris. En prenant pour modèle son alter ego de course, concourant dans le groupe N, la petite Suzuki Swift s'équipe d'un moteur 1,6 litre essence développant 125 ch et adopte l'appellation "Sport". Sur le papier, cette mutation lui permet d'attaquer de front ses principales concurrentes, à savoir la Mini et ses 120 ch, la Citroën C2 VTS (125 ch) et la très prochaine Toyota Yaris TS (132 ch). La Swift "vient enrichir la gamme et attirer une nouvelle clientèle, surtout masculine", explique le directeur commercial, Jean-Luc de la Ruffie. Sur le marché de la citadine sportive, la tâche de la Suzuki Swift Sport ne s'avère pas facile. Pour s'imposer, la voiture qui compte "plus de 1 000 immatriculations par mois sur l'ensemble de sa carrière" va s'appuyer sur la recette qui a fait son succès : un prix des plus compétitifs. "Nos concessionnaires nous ont demandé une voiture à moins de 16 000 euros. C'est chose faite puisque la Swift Sport sera commercialisée à 15 900 euros", lance notre interlocuteur. Dans ces conditions, les objectifs de ventes, fixés à 2 500 unités, devraient être atteints. La Swift Sport, produite dans l'usine hongroise, est déjà en concession en Allemagne. La direction de Suzuki attendait d'avoir un stock suffisant avant de la lancer sur le marché hexagonal. "En deçà des 1 000 unités disponibles, j'aurais pris le risque de rater le lancement", déclare Jean-Luc de la Ruffie.

Toucher le plus large public possible

Au premier abord, la Swift Sport conserve tout le chic et les atouts stylistiques de la version de base. La citadine fait dans la sobriété afin de séduire la plus large clientèle possible. Son nouveau bouclier avant, dont les entrées d'air élargies se parent de grilles en nid-d'abeilles, loge les feux antibrouillard de série. L'ensemble est souligné d'une jupe. La face arrière n'est pas en reste. Le pare-chocs, redessiné dans sa partie

LA SWIFT SPORT EN BREF

  • Date de lancement :
    Avril
  • Segment :
    Citadines sportives
  • Principales concurrentes :
    - Citroën C2 VTS 125 ch : 16 000 €
    - Mini Cooper 120 ch : 18 800 €
    - Toyota Yaris TS 132 ch : NC
  • Objectifs de vente :
    2 500 unités
  • Prix en euros :
    15 900 € Swift Sport
  • Options :
    Peinture métallisée
  • inférieure, intègre une double sortie d'échappement. Les feux sont maintenant à glace lisse. Le tout est surmonté d'un spoiler emprunté à la version rallye. A noter que la belle est montée sur des jantes 17". Hormis l'apparition de sièges baquet, l'intérieur reste inchangé dans son agencement. L'habillage subit une évolution : une nouvelle sellerie rouge et noire, l'emploi de cuir pour le volant et le levier de vitesses. Quelques inserts façon aluminium sur le tableau de bord, les contre-portes et le pédalier évoquent quant à eux l'univers du sport.
    Au démarrage, le quatre cylindres se fait silencieux. En ville, cette Swift Sport, malgré ses 7 cm de longueur supplémentaires dus aux nouveaux boucliers, se montre toujours aussi à l'aise. Raffermis, les amortisseurs absorbent les imperfections de la route et font du confort l'aspect le plus surprenant de la Swift. Sur les routes de campagne, elle révèle tout son potentiel : elle monte vite dans les tours et enchaîne les courbes avec agilité. Preuve d'un travail dynamique réussi, la Swift s'avère difficile à prendre en défaut, même sur chaussée déformée. Revers de la médaille, faute d'un surpoids (1 030 kg à vide), les 125 chevaux ne sont pas foudroyants et la boîte cinq vitesses mal étagée impose, en conduite sportive, de rétrograder fréquemment pour relancer la bête. Sur les grands axes, la Suzuki soigne ses occupants et incite à faire des kilomètres. Malheureusement, les bruits aérodynamiques et ceux du moteur qui envahissent l'habitacle, rappellent la vocation première de la Suzuki.

    Swift Sport première du nom

    Si, jusque-là, son charme et ses tarifs ont permis à la Swift d'être "un gros succès", comme le rapporte Jean-Luc de la Ruffie, elle ne pouvait pas rester impassible face à la diversification de ses rivales. Depuis deux ans, les ingénieurs de chez Suzuki travaillaient sur diverses possibilités d'évolution. Au final, entre version sportive et version décapotable, ils ont tranché. "Nous avons abandonné l'idée d'une Swift CC car elle était impossible à réaliser sans perdre la ligne d'origine", confie Georges Peltzer, directeur technique et après-vente France. Toutefois celui-ci n'exclut pas la possibilité d'une Swift renforcée de quelques chevaux, une version Sport quatre roues motrices ou bien encore la greffe d'un bloc Diesel plus dynamique. "Aucune voie n'est à exclure", révèle-t-il.

    Gredy Raffin

     

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